• L'homme n'est nulle part aussi présent que dans son visage. C'est pourquoi l'humanité s'est toujours efforcée d'en décrypter le mystère et de le fixer en image. La grande histoire du visage qu'entreprend ici Hans Belting, la première du genre, est un voyage à travers l'histoire de la civilisation européenne.
    Cette histoire montre la course éperdue des images, leurs tentatives sans cesse renouvelées pour capturer le visage animé et leur échec permanent à le saisir comme Moi humain. Lorsque l'homme paraît sur un tableau, c'est toujours le visage qui en occupe le centre. En même temps, ce visage, dans son caractère vivant, se dérobe à toutes les tentatives de le fixer en image.
    La vie pousse sans cesse à forger des images nouvelles, mais elle se soustrait à toute norme de représentation. L'art européen du portrait des Temps modernes n'a, pour l'essentiel, réussi qu'à engendrer des masques. Et même quand le cinéma projette le visage à l'écran dans une intimité sans pareille, il ne peut remplir la tâche qu'il s'est assignée de porter enfin l'être humain à l'image dans sa réalité.
    Tout travail sur le visage est un travail sur l'image, et par conséquent sur le masque. Telle est la tension dont ce livre explore le secret. Dans les masques de théâtre, les mimiques des acteurs, dans la peinture de portrait, la photographie, dans les films, dans l'art contemporain, Hans Belting exhume les diverses recherches qui ont visé, en vain, à se rendre maître du visage.

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  • L?art occidental. Devenue omniprésente, l?image en perspective est de nos jours dominante dans le monde entier. Nous avons tendance à oublier qu?elle n?est en rien la représentation de notre vision naturelle, mais un regard élaboré par les artistes à la Renaissance et que c?est un regard tout différent qui s?exprime dans l?art islamique.
    Contrairement à l?image occidentale, il n?est pas lié à un spectateur et à la place qu?il occupe dans le monde, mais vise à se rapprocher de ce qui est irreprésentable en soi. Hans Belting ne se contente pas d?expliquer l?attitude critique de l?islam envers les images par l?interdit religieux qui pèse sur elles, mais fait intervenir les spécificités esthétiques, sociales et scientifiques de cette culture.
    L?invention de l?image en perspective par l?Occident est toutefois redevable à un échange intensif avec les sciences et la culture arabes. C?est au sein d?une culture sans images que le mathématicien Alhazen (965-1039) a développé dès le Xe siècle une théorie de la perception, qui reprise par les artistes de la Renaissance a été à l?origine des fondements de la peinture occidentale en perspective.
    Si, à un moment donné les deux cultures occidentale et orientale ont pris la même théorie pour point de départ, l?art arabe lui, au lieu de représenter le monde s?est attaché à la lumière et à sa géométrie. En déplaçant continuellement son regard entre le monde occidental et islamique, Hans Belting parvient à proposer une interprétation neuve et fascinante de leur art respectif. Pris dans un dialogue entre ces deux cultures, le lecteur est ainsi amené à considérer d?une manière nouvelle les images que l?Occident a longtemps tenues pour universelles.
    A l?aide d?une iconographie très riche et recherchée (cent illustrations couleurs et noir et blanc) Hans Belting poursuit dans cet ouvrage son « histoire culturelle du regard ».

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  • Dans l'histoire humaine, la fabrication des images atteste une persistance et une continuité au moins égales à celles de la «question de soi», que l'homme n'a jamais cessé de se poser. Pourtant, une science générale de l'image nous fait encore défaut, qui saurait rendre compte de cette unité symbolique fondamentale de l'activité humaine.
    Parallèlement à l'histoire de l'art et aux disciplines intéressées par les dispositifs techniques de production et de transmission des images, la perspective anthropologique en est une vision ouverte, qui met au jour des correspondances dans le temps et l'espace, révèle des affinités inaperçues entre les productions iconiques les plus anciennes du genre humain et celles qu'on s'est peut-être empressé trop vite de dire «nouvelles», images numériques ou représentations élaborées par l'imagerie scientifique.
    Hans Belting met ici ses réflexions à l'épreuve de divers types d'images, prélevées au fil de l'histoire humaine, depuis les images du culte des morts de l'Antiquité jusqu'aux images «virtuelles» contemporaines, en passant par la photographie, la théorie de l'ombre chez Dante ou l'analyse de la rivalité qui opposa quelque temps, à l'aube de l'humanisme et de l'émergence du sujet, blason et portrait.

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  • Depuis Hegel, la fin de l'art est régulièrement proclamée. Mais le mort est vif, assurément désordonné et imprévisible, étonnant ou banal.
    Ce qui, à l'évidence, a sombré, ce n'est pas l'art lui-même, mais, irrémédiablement semble-t-il, l'idée que l'on s'en faisait - celle d'un développement historiquement ordonné des styles et des formes. En ce sens, la fin de l'art, c'est d'abord la fin de l'histoire de l'art, plus exactement de l'art comme histoire.
    Aujourd'hui, à l'ère des arts plastiques, des performances et des installations, seule une conception ouverte et pluraliste permet d'embrasser et de restituer ce qu'est devenu l'art contemporain. Il nous faut revenir de l'histoire aux oeuvres. Renonçant à la nostalgie des grandes théories unitaires, nous ferons la preuve de la nécessaire sensibilité à la dimension plurielle, fragmentaire, voire contradictoire de l'art vivant. Alors notre expérience du présent éclairera d'une lumière nouvelle le passé.

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  • Qu'est-ce qu'une vraie image ? Poursuivant son étude de la signification de l'image dans la culture occidentale, Hans Belting interroge ici notre besoin fondamental d'images vraies et authentiques, susceptibles de rendre compte et de reproduire la réalité telle qu'elle est. Il montre que notre compréhension de l'image est marquée, aujourd'hui encore, par une survivance de notions religieuses : la foi chrétienne a joué en Occident un rôle formateur de l'identité et de la conscience et nous avons intériorisé les tentatives sans cesse recommencées d'une définition de l'image qui se sont accomplies dans son orbe.
    Plutôt que de dérouler une histoire linéaire, l'auteur procède ici par sondages, en pointant son attention sur deux moments clés, deux accélérations critiques où la culture européenne franchit à chaque fois un seuil : la fin de l'Antiquité d'abord, où la question de l'image est l'enjeu de débats philosophiques autour de la double nature du Christ ; la période de la Réforme ensuite, où la traduction de la Bible en langue vulgaire et sa diffusion par l'imprimerie entraînent comme une dévalorisation ontologique de l'image, contrainte de se replier désormais du côté de l'art et des théories esthétiques.
    La tradition religieuse des images, avec la part irréductible faite à la croyance, est donc bien davantage qu'un simple prélude naïf de leur complexité moderne. Dans La vraie image, Hans Belting tend magistralement l'arc qui relie l'aube des Temps nouveaux à notre époque contemporaine, en tissant des rapports inaperçus entre histoire de la religion, des images et des idées. À ce titre, le livre apparaît comme l'indispensable complément à ses deux précédents ouvrages, Image et culte (Cerf, 1998) et Pour une anthropologie des images (Gallimard, 2004).

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  • Les origines arabes de la plus célèbre invention de la Renaissance.« La plus célèbre invention de la Renaissance, la perspective picturale, emprunta sa dénomination comme la théorie mathématique de la vision au Livre de l'optique (Kitab al-Manazir) d'Ibn Al-Haitham, connu aussi sous le nom d'Alhazen. Dans sa traduction latine du XIIIe siècle, le titre du traité arabe était « Perspectiva » ou « De Aspectibus », et fut conservé jusqu'à ce que Frédéric Risner le remplace par « Optique », terme d'origine grecque, dans la première édition imprimée de 1567. Dès lors, cette préhistoire étonnante sombra dans l'oubli, tant du fait de la nouvelle dénomination de la discipline traitant de la théorie visuelle, qu'en raison des progrès que la discipline réalisa à l'ère de Descartes et de Kepler, progrès pourtant dus, il est vrai, à une réévaluation des résultats et des méthodes d'Alhazen. »Conférence prononcée le 24 mars 2009 au Grand Amphithéâtre de l'Université Lumière Lyon-II, dans le cadre du cycle « L'Amphi des arts » engagé en partenariat avec le Musée des Beaux-Arts de Lyon.

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  • Publié à l'origine dans un volumineux ouvrage qui brossait un panorama exhaustif du premier siècle de la peinture flamande, le présent essai focalise son attention sur ce moment singulier où, vers 1430, le tableau et, à sa suite, les notions d'art et d'artiste " s'inventent " en s'affranchissant de la culture de cour. Revendiquant une esthétique propre, sous les espèces d'un réalisme dont le peintre est à présent le seul maître, le tableau, " miroir du monde ", devient bientôt le joyau d'une culture bourgeoise dont il accompagne l'avènement, en même temps qu'il modèle le regard qui désormais se posera sur lui. Le portrait allait jouer à ce titre un rôle singulier : il résout le conflit entre le vieil idéalisme de cour et ce nouveau réalisme, en les liant dans une vision plus large, " anthropologie peinte " qui reconnaît et proclame la double nature de l'homme, doté d'un corps et d'une âme, capable de sentir et d'imaginer. Jan Van Eyck, Robert Campin, Rogier Van der Weyden, Petrus Christus, Hugo Van der Goes et Hans Memling sont les illustres noms qui jalonnent ces quelques décennies d'un concours miraculeux, où un art encore tout enfant se hisse aussitôt à son sommet, dans l'adéquation du tableau et du monde, consacrant à jamais ceux qui l'ont fait naître. Un autre peintre viendra pourtant, qui confrontera le tableau à sa première " crise " : rivalisant avec la littérature de son temps, Hieronymus Bosch rompt l'illusion que ses prédécesseurs ont si fidèlement restituée. Entre ses mains, le " miroir du monde " se métamorphose en reflet déformant qui en met à nu les tromperies et les mensonges. L'" invention du tableau " dans les Pays-Bas a une préhistoire et une histoire ultérieure, dont Hans Belting a traité dans deux autres livres : Image et culte (1990, 1998 pour l'édition française) proposait une " histoire de l'image avant l'époque de l'art ", tandis que Le Chef-d'oeuvre invisible (1998, 2003 pour l'édition française) abordait l'histoire et la crise de l'art moderne. Miroir du monde a vu le jour entre ces deux ouvrages, selon une perspective commune, qui s'attache à retracer la genèse de la notion d'art encore en usage aujourd'hui. On dira en somme que c'est sur " l'époque de l'art " que Belting porte ici son regard pénétrant, à travers le prestigieux exemple de la peinture flamande.

  • Now available in a new edition, this book explores Hieronymus Bosch's masterpiece Garden of Earthly Delights.

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  • Jusqu'à la naissance du romantisme, les oeuvres d'art imitent la nature ou racontent l'Histoire. Quand se forme l'idée d'un art moderne, l'oeuvre d'art devient le témoignage de la quête d'un Art absolu et dernier Cette révolution dans l'idée et le projet de l'art est indissociable de l'apparition des premiers musées. Dans les tentatives répétées des artistes pour dépasser le passé, s'enracine le rêve d'une oeuvre qui serait à elle seule tout l'art - ce chef-d'oeuvre absolu qui va se révéler en fait... invisible Le chef-d'oeuvre invisible est une reconstruction/déconstruction passionnante de l'histoire de l'art depuis le début du XIXe siècle. Belting y explore les rêves, les triomphes et les échecs des peintres et des sculpteurs face au projet absolu de l'art. Il nous montre comment graduellement se défont l'idée de l'oeuvre d'art individuelle et sacrée et le concept associé du " chef-d'oeuvre " points cardinaux d'une modernité désormais morte Ce faisant... Hans Belting nous donne son chef-d'oeuvre à lui. Yves Michaud

  • Les images énigmatiques de Jérôme Bosch aiguillonnent l'imagination du spectateur et figurent depuis longtemps parmi les joyaux des principaux musées du monde. On y voit se côtoyer le plaisir et le bonheur, la douleur et le tourment. Aux paysages merveilleux, où les humains cohabitent dans une édénique harmonie avec les animaux et les créatures fabuleuses, s'opposent des visions d'apocalypse traversées de machines volantes qui s'affrontent à la lueur des explosions. Certains chercheurs ont vu dans de telles scènes une anticipation visionnaire des guerres à venir ; d'autres supposent que le peintre a surtout voulu prendre position contre l'Église catholique.
    Hans Belting, quant à lui, n'interprète le triptyque du Jardin des délices ni comme un chef-d'oeuvre hérétique, ni comme un règlement de comptes personnel avec les dogmes de l'Église, ni comme une somptueuse illustration du récit de la création. Il voit dans ces panneaux une utopie peinte, enracinée dans l'« esprit du temps », une utopie qu'il met en relation avec les théories humanistes de Thomas More et Willibald Pirckheimer. La question de Bosch était : « À quoi ressemblerait le monde, si le péché originel n'avait pas eu lieu ? » L'auteur, en outre, est parvenu à identifier le commanditaire laïc de l'oeuvre et l'usage auquel elle était destinée.

  • Avant la Renaissance, ce que nous appelons aujourd'hui " art " n'était pas regardé comme tel mais comme " image " de caractère sacré. En quoi la place accordée à ces images est-elle révélatrice des idéaux et des problèmes spécifiques aux civilisations qui se sont succédé, depuis la Rome impériale jusqu'à la Réforme ? Comment est-on passé du statut de symbole de la religion chrétienne au statut de bel objet ? C'est à ces questions, et à bien d'autres, que répond cet ouvrage, première histoire méthodique de l'image sacrée. Cette synthèse, rigoureuse et fort bien documentée, accompagnée d'une iconographie abondante et d'une bibliothèque de textes clés, couvre plus d'un millénaire. Un ouvrage de référence en matière d'histoire de l'art.
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