Phebus

  • Les parcours d'Anna et de Cerise n'ont rien de commun.
    Promise à une brillante carrière, Anna étudie la photographie à l'université de Washington ; lycéenne, Cerise habite en Californie sous l'emprise totale de sa mère.
    Lorsque chacune des jeunes femmes tombe enceinte par accident, Anna avorte, et Cerise garde l'enfant. Dix ans plus tard, ces décisions auront déterminé le cours de leur vie.
    D'espoirs en déceptions, de joies en drames, Anna et Cerise, bientôt réunies par le hasard, apprennent à être mères, et à être femmes.
    Roman d'une portée universelle et d'une rare force émotionnelle qui raconte le monde au féminin.

  • En 2013, Jérôme Chantreau, alors professeur de français et de latin, apprend la mort d'un ancien élève, Bélhazar Jaouen, à l'âge de 18 ans, lors d'une mystérieuse interpellation de police.
    Bouleversé par cette tragédie, mais aussi par le souvenir de cet adolescent à l'intelligence et à la sensibilité hors norme, Jérôme Chantreau consacrera trois années à mener l'enquête sur les étranges circonstances de la mort de cet adolescent. Il dresse le portrait d'un être rare et sublime, capable de révéler à chacun le meilleur de lui-même tout en incarnant la puissance de l'imaginaire et de la création artistique.
    Fantastique artiste plasticien dès son plus jeune âge, l'adolescent aux allures de poète rimbaldien a laissé derrière lui un jeu de piste digne d'Alice au Pays des merveilles.

  • Pour les aficionados de Melville et de Guerne, la traduction que ce dernier a donnée de Moby Dick (en 1954 aux éditions du Sagittaire) est un monument indépassable : le traducteur-poète est allé jusqu'à s'initier au parler « salé » des matelots américains du XIXe siècle, tel qu'il se trouve consigné dans les anciens lexiques marins ; et surtout jusqu'à s'inventer un français hautement
    « melvillien », puisque le grand romancier aimait à dire qu'il n'écrivait pas en anglais mais en outlandish la langue du grand Ailleurs.
    Cette traduction, malgré un bref passage en collection de poche (1980), est restée la plupart du temps introuvable au cours du dernier demi-siècle. On envie déjà le plaisir et la surprise de ceux qui auront à découvrir sa riche et rude saveur : que reconnaîtront tous ceux qui ont fréquenté d'un peu près le vieil océan.
    Quant au livre lui-même resté à peu près inconnu du public au temps de Melville, il n'aura vraiment été découvert qu'au XXe siècle, où sa violente modernité paraissait enfin accordée à la période de tempêtes qu'inaugurait alors l'histoire jusqu'à passer aujourd'hui aux yeux de certains, aux yeux de beaucoup, comme le plus grand roman de la littérature américaine.
    Moby Dick, qui peut se lire comme le plus formidable des récits d'aventures, est en effet autre chose et bien plus que cela. Car par-delà les tribulations du capitaine Achab lancé a la poursuite de la Baleine blanche se profile une autre quête : celle d'une humanité embarquée de force à bord d'une histoire qui reste pour elle un mystère.

  • Soufi mon amour

    Elif Shafak

    • Phebus
    • 26 Août 2010

    On peut avoir la quarantaine plutôt épanouie, être une excellente ménagère et une enviable mère de famille, et découvrir soudain que sa vie ressemble à un leurre. C'est ce que réalise Ella Rubinstein lorsqu'elle entame la lecture de Doux Blasphème, un manuscrit signé Aziz Z. Zahara, soumis à son jugement par un éditeur. Ce roman va définitivement changer sa vie. Il retrace la vie du poète Rûmi qui, au xiiie siècle, vit son existence prendre une nouvelle orientation et une nouvelle hauteur sous l'influence du plus célèbre derviche du monde musulman, Shams de Tabriz. Au fil des e-mails à Zahara et des pages de Doux Blasphème, Ella subit une métamorphose quasi spirituelle, semblable à celle que connut Rûmi dans sa relation avec Shams.
    Dans l'un et l'autre cas, à sept siècles de distance, il est possible de parler d'amour, de l'amour transcendé par la quête mystique à laquelle il appelle.
    C'est en romancière de premier plan qu'Elif Shafak explore ici, avec une incomparable intensité, les sentiments les plus élevés. Tout le Moyen-Orient du xiiie siècle est sous sa plume ressuscité et trouve écho en notre époque.
    Incandescent de bout en bout, Soufi, mon amour sait nous happer, nous séduire, nous transporter. Il est sans aucun doute le plus grand roman d'Elif Shafak à ce jour. AUTEUR : Fille de diplomate, la Turque Elif Shafak est née à Strasbourg en 1971. Elle a passé son adolescence en Espagne, puis étudié en Turquie. Après un master en « Gender and Women's Studies » et un doctorat en sciences politiques, elle a un temps enseigné aux États-Unis. Elle vit aujourd'hui à Istanbul. Internationalement reconnue, elle est l'auteur de onze livres, dont La Bâtarde d'Istanbul (Phébus, 2007), Bonbon Palace (Phébus, 2008) et Lait noir (Phébus, 2009).

  • Micah Mortimer, la petite quarantaine routinière, coule des jours heureux dans un quartier tranquille de Baltimore. En voiture, au travail ou avec sa petite amie, il ne dévie jamais de sa route toute tracée - jusqu'au jour où il trouve Brink Adams qui l'attend sur le pas de sa porte.

    Car l'adolescent fugueur en est sûr, Micah est son père biologique... Pour l'homme qui aimait ses habitudes, cette seconde chance sonne comme une malédiction.

    Prix Pulitzer, finaliste du Booker Prize, Anne Tyler est une figure majeure des lettres américaines, dont le style irrésistible et piquant fait encore une fois des merveilles, ici.

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  • Dans un avenir proche, une épidémie d'origine aviaire frappe la planète. L'élevage des oiseaux de basse-cour est interdit, et la société française pâtit de restrictions draconiennes. Une fois par an seulement, la population a droit à une célébration : un canard spécialement élevé est jeté du haut de la Tour d'Argent sous les yeux d'une foule ravie. Le vainqueur de cette battue à travers Paris pourra déguster l'animal en compagnie du Président de la République. Or, cette fois, le canard s'avère plus combatif que prévu. Son vol à travers Paris est l'occasion de rencontres avec des habitants à la marge de ce grand charivari.
    Enfin, l'un des Parisiens compatissants, héros ordinaire, décide à ses risques et périls, de sauver le bouc-émissaire en l'amenant en Irlande, pays dépeuplé devenu havre pour les oiseaux sauvages.

  • Noir canicule

    Christian Chavassieux

    • Phebus
    • 5 Mars 2020

    Nous sommes en 2003. Lily est taxi. Elle accompagne un couple de vieux agriculteurs sur la route de Cannes, en pleine fournaise. Et si la canicule se prolongeait indéfiniment ?

    Sur l'autoroute, les bolides klaxonnent de loin, fusillent le rétroviseur d'appels de phare et passent en trombe.

    À mesure que la température monte, les personnages se dévoilent, entre amour et violence. Lily songe à sa plus grande fille, Jessica, que l'adolescence expose aux premières déconvenues sentimentales. À son ex-mari, qui l'a quittée pour une femme plus jeune. À leurs anciens jeux érotiques...

    Il y a quelque chose de pourri dans l'atmosphère. La vie semble se résumer à une peur de souffrir.

    Et le lecteur est loin d'imaginer ce qui l'attend...

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  • Une jeune mère tombe en dépression grave et accepte de se faire soigner selon une méthode nouvelle: une "cure de repos" d'un genre radical, qui s'apparente en fait à une séquestration pure et simple. L'idée du mari médecin: après un régime de privation si draconien, la femme livrée à des idées d'émancipation n'aura qu'une idée... échapper à sa prison pour retrouver enfin une vie "normale" et les doux plaisirs du foyer. Cependant, l'héroïne de La Séquestrée- ainsi qu'avait fait l'auteur avant elle - ne réagit pas comme l'avait prévu la Faculté. Enfermée dans une chambre tapissée de jaune où elle n'a d'autre loisir que de se vautrer sur le lit qu'on lui a préparé à même le sol, ou de se casser les ongles contre une porte fermée à clé derrière laquelle le mari veille, elle s'enfonce dans l'étrange régression qu'induit cette situation inédite... mais pour mieux se convaincre que celle-ci ne diffère en rien de celle que la société a voulue pour elle.

  • En 1919, des Japonaises quittent leur pays afin de rejoindre aux Etats-Unis des compatriotes auxquels elles ont été promises. Bercées d'illusions, elles vont endurer de cuisantes déceptions face à des maris brutaux, la xénophobie, un travail harassant, la barrière de la langue. Lors de la Seconde Guerre mondiale, suspectées par le pouvoir, elles sont enfermées dans des camps de concentration.

  • L'homme incendié

    Serge Filippini

    • Phebus
    • 1 Août 1991
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  • Voici l'histoire de deux familles dans les dernières années du XXe siècle. L'une, les Kazanci, est turque et vit à Istanbul; la seconde, arménienne, les Tchakhmakhchian, s'est installée à San Francisco après le génocide. Chez les Kazanci, les femmes sont de grandes amoureuses, des hypocondriaques ou des fortes en gueule, et les hommes n'atteignent pas les quarante ans. Chez les Tchakhmakhchian, on est prude, religieux, sans imagination, frileux en tout, excepté Rose qui abandonne son époux pour se remarier avec un. Turc. Lorsque la fille de Rose, Armanouch, se rend à Istanbul pour y rencontrer la famille de son beau-père, elle se lie d'amitié avec la plus jeune des Kazanci, Asya, celle que l'on appelle la "bâtarde". Au cours du séjour d'Armanouch beaucoup de secrets seront mis à nu, et pas des moindres: inceste, rapt d'enfant, identité volée. Un meurtre conclura les révélations. Et la vie continuera.

    Elif Shafak est en train de devenir, avec Orhan Pamuk, l'écrivain turc le plus célèbre du monde. Née à Strasbourg en 1971, elle passe son adolescence en Espagne (sa mère est diplomate), avant de partager son temps entre Istanbul et l'Arizona. Tout en bâtissant une oeuvre de premier ordre (six romans à ce jour, dont The Flea Palace que Phébus publiera en 2008), elle mène une carrière de journaliste respectée (notamment comme correspondante régulière du New York Times). Elif Shafak est de tous les combats, ce qui lui vaut des menaces de mort. La Bâtarde d'Istanbul, le premier de ses livres à paraître en français, est déjà un succès aux États-Unis et lui a valu un procès retentissant en Turquie: parce qu'elle ose y aborder le génocide arménien, elle a été accusée d'"atteinte à la dignité de l'État turc".

    Avec ses intrigues à foison et ses personnages pour le moins extravagants, La Bâtarde d'Istanbul pose une question essentielle: que sait-on vraiment de ses originesoe Elif Shafak, écrivain engagé et n'utilisant pas la langue de bois, demande à son peuple d'affronter enfin son histoire, en particulier le génocide arménien et le massacre des Kurdes. Elle a le sens du récit, un humour féroce et un talent incontestable pour enchevêtrer la comédie au drame, le présent au passé. La Bâtarde d'Istanbul est donc une réussite romanesque, et un plaidoyer contre l'injustice, la bêtise et la haine.


  • Un roman peut en cacher un autre.
    Comme chez Hitchcock - qui souvent s'inspira de l'oeuvre de Daphné Du Maurier - nous nous trouvons d'abord lancés sur une fausse piste : meurtre crapuleux dans la Rome de l'après-guerre. A moins que cette fausse piste elle-même... Armino, témoin bouleversé de l'affaire, décide de laisser tomber son job - guide pour touristes - et va se mettre au vert dans la petite ville dont il est originaire, aux confins de la Toscane, des Marches et de l'Ombrie.
    Le passé, espère-t-il, aura là-bas un autre goût : celui de la glorieuse Italie des ducs de Ruffano, qui ont laissé nombre de monuments dans la petite cité, et quelques légendes insistantes - parmi lesquelles celle du duc Claudio, dit le Faucon, un orgueilleux mort cinq siècles plus tôt, précipité de la plus haute tour de son palais alors qu'il essayait de s'envoler dans les airs. Passé et présent ont tendance, en de tels lieux, à confondre leurs rôles.
    Armino croit reconnaître en Aldo, l'agitateur culturel local, son frère aîné porté disparu pendant la guerre. Entre eux vont renaître les jeux cruels d'autrefois, où les femmes désormais auront un trouble rôle à jouer. Quel secret se cache derrière la porte si bien cadenassée de cette enfance qui refuse de mourir ? Pour l'avoir débusqué, Aldo un jour, devant la ville en fête, va se risquer à monter lui aussi l'escalier de la tour...
    Comme dans Le Bouc émissaire, auquel on l'a comparé, Daphné Du Maurier joue au long de ce romain sur le double registre du vertige et des intermittences de la mémoire. La guerre là encore n'est pas loin, et la vie a du mal à faire la paix avec elle-même, empoisonnée par quelques méchants secrets de famille. Invite à aller fouiller de l'autre côté des apparences : en ces obscurs retraits où l'Histoire de Secrètement rendez-vous à l'histoire de chacun.

  • Alamut

    Vladimir Bartol

    • Phebus
    • 1 Août 1991
  • Le vent dans les saules

    Kenneth Grahame

    • Phebus
    • 12 Janvier 2006

    Kenneth Grahame (1859-1932) est aujourd'hui encore l'un des auteurs anglo-saxons les plus lus de par le monde, alors qu'au total il n'a pas publié grand-chose. Mais tout de même, parmi ce pasgrand-chose, un pur chef-d'oeuvre de malice faussement enfantine, Le Vent dans les saules
    (1908), traduit dans quasi toutes les langues de la planète et bizarrement ignoré chez nous... lors même que Borges hier et Alberto Manguel aujourd'hui n'ont pas hésité à le ranger au tout premier rang de leur bibliothèque imaginaire. Soit les aventures - disons plutôt mésaventures - de quatre Mousquetaires pantouflards lancés bien imprudemment sur les routes du vaste monde, et qui trouvent le moyen, entre trouille verte et candide inconscience, de rendre des points à feu Don Quichotte soi-même. Le tout, pourtant,
    sans quitter de bien loin les bords humides et rassurants de leur chère rivière. Car nos quatre bretteurs malgré eux ont nom M. Mole (la Taupe), M. Water Rat (le Campagnol des berges), M. Badger (le Blaireau) et M. Toad (le Crapaud).
    Nostalgie, nostalgie... Oui, c'est bien de cela qu'il est question au bout du chemin, même si l'on a beaucoup ri. C'est que Kenneth Grahame, grand enfant égaré dans le monde adulte, dégoûté par l'utilitarisme et par l'activisme ambiants (il n'était pas précisément ce qu'on appelle un homme de progrès), écologiste avant la lettre, ne se contente pas de nous rappeler que nos jeunes années sont ce vert paradis chanté par le poète. Il nous enjoint de ne jamais le perdre du regard, ce paradis, faute de quoi la porte risque de s'en refermer malignement dans notre dos sans que nous y prenions garde, nous privant de ce qu'un autre poète a appelé « la vraie vie », et ne nous laissant que nos larmes pour pleurer. On a tenu, pour restituer ce chef-d'oeuvre méconnu à tous ses lecteurs - petits et grands confondus - à le donner ici dans une traduction nouvelle due à Gérard Joulié, poète à ses heures et « grahamien » de toujours. Et pour faire bonne mesure, on a résolu de faire reparaître en même temps l'autre grand livre du même Grahame, Jours de rêve (histoire un brin romancée de l'enfance champêtre de l'auteur) dans la belle traduction de Léo Lack.

  • Il aura suffi d'un coup de fil et d'un malentendu pour que Willa Drake devienne la grand-mère d'une petite fille de neuf ans qu'elle n'a jamais vu.

    Avec humour et tendresse, Anne Tyler nous rappelle qu'il n'est jamais trop tard pour choisir sa vie.

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  • Chacun sait que l'Orient-Express, le train mythique qui relie Paris à Istanbul, a inspiré la fiction dès sa mise en service en 1883. Mais le public n'en a guère retenu que les noms d'Agatha Christie, de Graham Greene ou de Paul Morand. Pourtant, cette littérature est aussi abondante que méconnue. Dès 1914, elle aborde par exemple de grandes thématiques telles que le luxe et la luxure, le brigandage, le complot et l'imaginaire d'une plus grande Europe. La Belle Époque explore plus particulièrement les paradoxes de cet imaginaire, de la séduisante madone des sleepings au train de l'angoisse.
    Avant que le second vingtième siècle ne balance entre la critique, la parodie et la nostalgie d'un monde perdu.
    De Jean Giraudoux à Graham Greene, d'Apollinaire à Agatha Christie en passant par Lawrence Durrel, Edmond About ou Albert Londres, Blanche El Gammal nous offre une anthologie de textes célèbres et oubliés et nous fait voyager de manière singulière dans l'Europe du siècle dernier, entre exotisme, propagande, fantasmes et désillusions.

  • La vie commence à 60 ans

    Bernard Ollivier

    • Phebus
    • 28 Février 2008

    "La retraite est une aventure. Qu'elle soit ardemment souhaitée ou rejetée, elle est inéluctable. Il y a de nombreuses recettes pour la rater. Hélas pour ceux qui ne réagissent pas, il n'y aura pas d'autre chance; c'est la dernière. Comment ne pas transformer une période cruciale - a troisième et dernière partie de la vie après l'adolescence et la maturité - en marais intellectuel et physique, avant la déchéance promiseoe Voici 10 ans, alors que j'entamais cette dernière page de mon existence, j'étais déprimé, anémié, sans espoir et sans projet, en un mot désespéré. La chance et sans doute une volonté de vivre qui ne demandait qu'à s'exprimer m'ont permis de transformer cette "retraite" en une aventure fertile. De me re-fabriquer une existence riche et créatrice. A travers ma propre expérience, je souhaite montrer à tous ces lecteurs qui m'ont suivi sur la route de la soie puis dans l'aventure de Seuil que, pour eux aussi, "la vie commence à 60 ans".

  • Cinquième rentrée, cinquième école pour Osei Kokote, le fils de onze ans d'un diplomate ghanéen, cette fois-ci, à Washington D.C, aux Etats-Unis, où il s'avère être le seul garçon noir de sa classe.
    Heureusement, il tombe par hasard sur Dee, la fille la plus populaire de l'école, qui n'a pas peur de s'intéresser à lui. Pour Ian, le troisième membre de ce triangle amoureux d'école primaire, cette relation naissante entre Dee et le garçon noir n'est cependant pas envisageable... Témoignage trop vraisemblable d'une cour d'école dans les années 70 aux Etats-Unis (que Tracy Chevalier fréquenta elle-même à Washington D.C.) ou remake shakespearien ébouriffant et ébouriffé en culotte courte ?
    On ne sait bientôt plus. Tout simplement du pur Tracy Chevalier, aussi à l'aise avec les grandes figures du théâtre élisabéthain qu'avec la peinture flamande.

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  • les compagnons de jéhu (1857) marquent pour dumas l'heure du grand retour au roman, après dix années vouées pour l'essentiel à quelques aventures journalistiques joliment ruineuses - un retour en fanfare, car le livres, de l'avis des connaisseurs.
    est l'une de ses plus fières réussites. ils constituent surtout le premier volet publié de la " trilogie des sainte-hermine ", qui depuis les blancs et les bleus jusqu'au chevalier de sainte-hermine (son grand roman perdu, retrouvé en 2005) embrasse la période cruciale de la révolution et de l'empire: trois récits que l'on peut lire dans l'ordre qu'on veut - dumas y a veillé - et qui figurent à ses yeux une manière de testament.
    l'épisode que retient cette fois le romancier nous conduit au 18-brumaire et à ses suites : oú la révolution, battue en brèche par le soulèvement royaliste. , va se trouver " sauvée " par une poignée de comploteurs rassemblés autour d'un général de trente ans. nous voici donc conviés à suivre. à la piste le brave roland de montrevel, dépêché en franche-comté par le jeune bonaparte pour mater l'armée invisible des compagnons de jéhu, qui tiennent le pays au nom du roi, détroussent les diligences et rançonnent les puissants de l'endroit avec un panache qui ne tarde pas à leur valoir la faveur du peuple.
    cavalcades, embuscades, trahisons sont bien sûr au rendez-vous et ont tôt fait de nous tenir en haleine. dès lors peut-on s'étonner de ce que ce roman, chouchou de tous les dumasiens avertis, ait fait de si brèves apparitions eu librairie depuis un siècle et demi. mais l'on se réjouira de ce que claude schopp, maître d'oeuvre de cette remise au jour, épluchant manuscrits et archives, se soit aperçu qu'on en avait jusqu'alors largement censuré le texte - qu'on découvrira ici dans une version enfin fidèle au voeu de dumas.
    et qu'on espère définitive.

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