Littérature générale

  • L'Écho rochelais, 18 juillet 1860.
    «Comme il n'est bruit, dans notre ville, que d'une métamorphose étrange, extraordinaire en physiologie médicale, nous allons en dire quelques mots, d'après des renseignements pris à bonne source.
    Une jeune fille, âgée de vingt et un ans, institutrice aussi remarquable par les sentiments élevés du coeur que par une instruction solide, avait vécu, pieuse et modeste, jusqu'à ce jour, dans l'ignorance d'elle- même, c'est-à-dire dans la croyance d'être ce qu'elle paraissait dans l'opinion de tous, bien qu'il y ait eu, pour gens d'expérience, des particularités organiques qui eussent dû faire naître l'étonnement, puis le doute, et, par le doute, la lumière ; mais l'éducation chrétienne de la jeune fille était l'innocent bandeau qui lui voilait la vérité.
    Enfin, tout récemment, une circonstance fortuite est venue jeter un certain doute dans son esprit ; appel a été fait à la science, et une erreur de sexe a été reconnue... La jeune fille était tout simplement un jeune homme.»

  • Pourquoi se pencher encore sur la figure de l'orateur ? Parce que l'orateur tel qu'il existe pour Cicéron, Quintilien et Saint Augustin, n'est rien moins que l'homme complet, le citoyen idéal. A travers les textes latins ici retraduits, on part d'une personne réelle pour aller vers un idéal humain. La rhétorique latine soutient qu'en apprenant à parler, on apprend tout. Pourquoi ces trois auteurs ? Parce qu'ils sont les passerelles entre les Grecs et nous, et qu'on les a injustement oubliés au détriment d'Aristote et Platon, alors que pendant des siècles ils ont formé la parole publique. Tous trois ont en commun de refuser une formation qui ne serait que purement technicienne, elle doit au contraire se fonder sur une culture très profonde. Tous s'opposent aux officines de communication, qui prétendent vendre clé en main des compétences qui ne peuvent être acquises que par une longue pratique des textes, celle qui fonde le socle du savoir sur lequel l'orateur se construit, la véritable culture. Pour les Romains se pose une question complexe : comment concevoir et recevoir « l'héritage » grec sans servilité ? Comment se déprendre d'une civilisation qui exerce une véritable fascination et tend à imposer son modèle ? Pour le saisir, il fallait retraduire ces textes fondateurs et décaper une vision poussiéreuse de la rhétorique, nettoyer les concepts, envisager toute l'étendue du sujet, qui concerne autant les l'univers des lettres (anciennes et modernes), de l'histoire, du droit, de l'histoire de l'art que de la communication. La rhétorique est un art tardif, le dernier venu qui condense tous les autres, la fine fleur d'une civilisation. Cicéron et Quintilien sont des exemples lumineux des rapports entre nature et artifice, rapports paradoxaux qui rappellent ceux entre nature et culture remarquablement explorés par Philippe Descola. L'art oratoire est un art difficile, qui est ici décomposé dans ses moindres parties, jusques et y compris la question du corps incarné de l'orateur, dont les gestes et vêtements sont étudiés jusqu'au bout des ongles. Les questions que pose Cicéron font écho à celles que nous nous posons : à quelles conditions la parole publique est-elle crédible ? Quelle doit être la place des experts dans les décisions que prennent ceux qui nous gouvernent ? In fine, qui a la capacité de parler à tous ?

  • Histoire sociale et histoire de l'art ne font qu'un : c'est ce qu'après tant d'études qui ne se sont intéressées qu'à la signification propre de l'oeuvre d'art, ou à sa signification purement sociale, illustre admirablement Michael Baxandall, historien anglais, sur l'exemple de la peinture italienne de la Renaissance. À quelle demande exacte répondaient Masaccio, Filippo Lippi, Andrea del Castagno ou Fra Angelico ? De quel sens leurs oeuvres étaient-elles chargées, et comment les regardaient leurs destinataires et leurs commanditaires ?
    C'est à ce type de questions que répond l'auteur en analysant le marché de l'art, à travers les contrats, les correspondances et les registres de comptes. En montrant aussi comment les dispositions visuelles nées de la vie quotidienne, religieuse, sociale ou commerciale de l'époque sont devenues des éléments déterminants du style du peintre. Retrouver l'oeil du Quattrocento, c'est rafraîchir le nôtre.

  • Empruntant au Tractatus logico-philosophicus son affirmation d'ouverture - «Le monde est tout ce qui a lieu» - et sa problématique du langage et de la logique, la Grammaire philosophique développe la question de la relation entre le langage et la réalité, dont «l'harmonie, comme tout autre chose métaphysique, est à trouver dans la grammaire du langage».La Grammaire philosophique concilie les deux orientations de la philosophie de Wittgenstein dans la dynamique de la représentation : le fondement du langage comme celui des mathématiques est convention, et la philosophie, administrant le développement de ces jeux, de ces formes de vie, y apparaît comme la forme suprême de l'imagination. Le concept de grammaire est l'instrument de l'activité philosophique par excellence.

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  • "Expérience intérieure", paradoxalement nommée, puisqu'elle culmine dans une fusion de l'intérieur et de l'extérieur, du sujet et de l'objet, l'inconnu comme "objet" communiquant en elle avec un "sujet" abandonné au non-savoir, Bataille en décrit ainsi le mouvement : "c'est jouer l'homme ivre, titubant, qui, de fil en aiguille, prend sa bougie pour lui-même, la souffle, et criant de peur, à la fin, se prend pour la nuit".
    L'itinéraire profondément désordonné de Georges Bataille (1897-1962), qu'il soit spirituel, politique ou littéraire, répond, par-delà les limites du convenu, à la volonté de révéler une vue souveraine, dégagée des servitudes qu'impose la vie.

  • Le mythe de l'État

    Ernst Cassirer

    Avril 1945. Ernst Cassirer achève peu avant de mourir Le mythe de l'État : un ouvrage réalisé à la demande de ses amis afin de tenter de comprendre les origines et les causes du nazisme. Sans jamais prétendre réduire le tragique de l'Histoire, mais sans renoncer non plus à toute explication, il invite la modernité à repenser son rapport au mythe. Les déformations qu'il fait subir à la pensée ne sont-elles pas la préfiguration, voire la caution, des violences politiques qui viennent ensanglanter les sociétés ? L'obscur besoin d'ordre qu'il véhicule et qui hante les fondements de la culture n'est-il pas responsable de la transformation de celle-ci en cauchemar, lorsqu'elle s'avise de ne plus lui résister mais de se confondre avec lui ? Le XXe siècle n'a-t-il pas basculé dans le tragique parce que subitement la culture s'est mise à célébrer le culte du héros, de la race et de l'État tout en versant dans un pessimisme dénigrant la Raison ? Ce livre peut être considéré, à bien des égards, comme le testament philosophique de l'un des plus grands penseurs de ce siècle, et en tout cas du plus digne héritier des Lumières. Livre savant attaché à reconstituer la mémoire de la Raison en refaisant l'histoire de toute la pensée politique, c'est aussi un livre de philosophe plaidant, à travers une critique du mythe, pour que la raison politique ne déroge pas à la plus haute de ses fonctions : réaffirmer la culture contre les tentations d'ériger l'idéologie, et donc la violence, en raison.
    Pour Cassirer, trois cultes particuliers ont propagé la déraison en politique : 1/ le culte du héros qui défend la nécessité de dirigeants politiques forts, voire d'hommes providentiels ; 2/ le culte de la race, véhiculé par Gobineau ; 3/ la conception hégélienne de l'État, dans laquelle l'institution étatique n'a pas à être limitée par les droits individuels, car elle est une réalité suprême, transcendante, divine, qui n'a sa finalité qu'en elle-même. Cassirer reproche à cette théorie de fournir une justification à la toute-puissance de l'État totalitaire.

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  • Les objets en particulier n'épuisent pas leur sens dans leur matérialité et leur fonction pratique. Leur diffusion au gré des finalités de la production, la ventilation incohérente des besoins dans le monde des objets, leur sujétion aux consignes versatiles de la mode : tout cela, apparent, ne doit pas nous cacher que les objets tendent à se constituer en un système cohérent de signes, à partir duquel seulement peut s'élaborer un concept de la consommation. C'est la logique et la stratégie de ce système d'objets, où se noue une complicité profonde entre les investissements psychologiques et les impératifs sociaux de prestige, entre les mécanismes projectifs et le jeu complexe des modèles et des séries, qui sont analysées ici. Jean Baudrillard.
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  • Masse et puissance

    Elias Canetti

    Elias Canetti parle de Masse, comme Michelet du Peuple, Tocqueville de la Démocratie ou Spengler des Cultures. Et comme ces grands devanciers auxquels il fait souvent penser, l'auteur s'empare d'une intuition brutale, profonde, et commence par s'abandonner à la révélation d'une évidence - la conjuration panique de tout ce qui, en l'homme, menace de la détruire, et d'abord l'inconnu - pour élaborer progressivement une théorie des rapports qui unissent les phénomènes de masse à toutes les manifestations de la puissance.
    Mais quel contemporain des guerres mondiales et des révolutions, des fascismes et du national-socialisme, ne sentira à quel point cette intuition nourrie de forte érudition anthropologique et psychanalytique s'enracine au plus intime, au plus charnel des bouleversements du siècle ?
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  • Ce livre est l'une des oeuvres maîtresses de heidegger, celle où l'abondance et l'originalité des vues, la hauteur poétique du langage s'affirment avec le plus de maîtrise et d'aisance.
    Dans ces essais et conférences, les sujets affrontés s'enchaînent avec une inexorable nécessité. la science qui poursuit et harcèle la nature, la technique qui la met à la raison pour mettre en sûreté des "fonds", à quel appel de l'etre obéissent-elles ? comment l'homme habite-t-il aujourd'hui sur terre et qu'est-ce pour lui qu'habiter ? où prend-il les mesures de son habitation et de sa pensée et de l'etre, de l'etre et des choses qui sont, des choses et du monde ? ainsi peu à peu le cercle se resserre autour des questions essentielles.
    Dans des textes qui se situent dans le même horizon de pensée que chemins qui ne mènent nulle part, les questions se pressent et se croisent, nous conduisant non à des réponses, mais à des échappées et à des perspectives.

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  • La notion de l'autorité a été écrit en 1942, peu avant l'Esquisse d'une phénoménologie du droit, avec lequel il entretient d'étroits rapports. « Chose curieuse, le problème et la notion de l'autorité ont été très peu étudiés », note Kojève en ouverture de ce qu'il appelle lui-même un « exposé sommaire ». « L'essence même de ce phénomène a rarement attiré l'attention. » Soixante ans après le constat garde sa validité, en dépit de quelques contributions notables.
    C'est ce qui fait le prix de cet essai d'élucidation philosophique. Kojève procède à la décomposition du phénomène, en dégageant quatre types purs d'autorité humaine qu'il met chacun en correspondance avec une théorie : le Père (la scolastique), le Maître (Hegel), le Chef (Aristote), le Juge (Platon). Les formes concrètes de l'autorité représentent des combinaisons de ces types purs.
    Loin des circonstances qui ont présidé à son élaboration, et que François Terré rappelle dans sa présentation, ce petit livre arrive à point nommé dans le débat d'aujourd'hui autour de la disparition de l'autorité dont la nature reste toujours aussi énigmatique.

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  • Georges Bataille avait un grand projet : élaborer, à partir d'une critique de l'utile, une économie générale qui désaliène l'homme rivé au travail et restitue sa « part maudite » - la consumation, libre, gratuite.
    Il fait l'hypothèse d'un temps originaire où le monde se serait donné à l'homme dans un pur rapport d'immanence et d'immédiateté. Le monde était alors l'intime de l'homme, il était excès, il était passion : « Le monde intime s'oppose au monde réel comme la démesure à la mesure, la folie à la raison, l'ivresse à la lucidité ».
    Désormais, dans le monde transcendant - ce monde où l'homme rivé au travail s'invente des fins hors de lui et à atteindre dans l'avenir - l'érotisme permet de redécouvrir la possibilité de dépenses d'énergie sans cette utilité immédiate qui nous asservit. L'érotisme enfièvre, dépense, gaspille. Puisque sur lui seul l'avenir n'a pas de prise, il est « la voie la plus puissante pour entrer dans l'instant ».
    Cet ouvrage est extrait du tome VIII des OEuvres complètes de Georges Bataille.

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  • La tentation d'exister

    Cioran

    Il n'est pas aisé de tourner le dos aux évidences de la négation. L'auteur s'y est astreint, sans y parvenir toujours. « Le non m'excède » (leitmotiv du dernier chapitre) est comme la clef d'un livre où le oui surgit plutôt d'une nostalgie que d'un raisonnement. Ceux qui, éprouvant le vide comme une certitude affective, l'assimilent à une donnée primordiale de la conscience, comment se hausseraient-ils à l'affirmation ? Rien de plus difficile pour eux que de concevoir l'être; inaptes à le saisir par l'esprit, ils s'évertuent à le conquérir par la volonté, en même temps qu'ils poussent la négation jusqu'au point où elle s'annule elle-même. Il existe un savoir mortel à la vie, destructeur par essence, dont ces essais se réclament et se détournent tout ensemble. Autant dire qu'ils se présentent comme une série de perplexités, comme l'illustration d'un tiraillement. Si, entre l'être et le connaître, l'auteur opte en fin de compte pour le premier, c'est qu'il s'est exercé à penser contre soi, contre ses certitudes : tiraillement encore, qu'il a instauré cette fois au plus intime de lui-même. Dans ses conclusions, La tentation d'exister n'est qu'une protestation contre la lucidité, une apologie pathétique du mensonge, un retour à quelques fictions salutaires.

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  • L'âme de Napoléon

    Leon Bloy

    C'était une impossible rencontre.
    A un siècle de distance, celle d'un empereur, napoléon, et d'un écrivain maudit, léon bloy. l'un croyait à peine au ciel, l'autre, pour ainsi dire, y vivait. l'un voyait dans la religion un simple instrument de gouvernement, un adjuvant de son ambition toute terrestre ; l'autre pratiquait l'extase et l'oubli de soi dans un catholicisme mystique, sombre et flamboyant. l'un mena sa vie comme un météore dont l'éclat illumine encore les imaginations ; l'autre fut un vaincu de l'existence, vivant misérablement dans les emportements vains et les fureurs impuissantes, écrivant faute de vivre et ne vivant jamais bien d'une écriture pourtant magnifique.
    L'un voyait les humains comme la pâte qu'on modèle pour construire son destin, indifférent aux autres et tout entier dans sa propre légende ; l'autre puisait dans sa foi une immense compassion pour le pauvre, le laid, l'oublié, préférant toujours les humbles aux puissants, apercevant le salut dans le regard des réprouvés. l'un croyait à la force, l'autre à la faiblesse. et pourtant napoléon fournit à léon bloy le sujet d'un de ses grands livres, l'un des plus étranges et des plus beaux qu'on ait écrits sur l'homme inépuisable.
    Dans l'océanique bibliographie impériale, l'ame de napoléon figure parmi la poignée de curiosités fascinantes, la gerbe de textes hors du commun que le petit général corse a suscités chez les grands écrivains.

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  • Ce volume rassemble deux textes qu'on associe traditionnellement depuis leur publication posthume conjointe.
    S'ils ont en commun d'appartenir à la période intermédiaire du travail de wittgenstein, entre le tractatus logico-philosophicus (1921) et les investigations philosophiques (achevé en 1949), ainsi que d'avoir été dictés en anglais à des étudiants de cambridge, ils n'ont cependant pas le même statut. le cahier bleu (dicté en 1934) est la première formulation complète de la seconde philosophie de wittgenstein.
    Agé de quarante-cinq ans, le philosophe y reprend à la lumière du " jeu de langage " l'ensemble des problèmes qui l'ont toujours préoccupé. il montre en quoi cette notion permet d'échapper aux apories du sens, du solipsisme, et, plus généralement, de la métaphysique. malgré certaines lacunes qu'on peut y déceler à la lecture rétrospective des investigations, cet ouvrage se présente comme définitif. wittgenstein le dicta d'ailleurs à ses élèves alors qu'il envisageait de quitter cambridge pour s'installer en union soviétique oú il aurait voulu exercer un métier manuel.

    Quant au cahier brun (dicté en 1935), il constitue sans équivoque le premier jet des investigations philosophiques. il ne 'agit plus seulement d'indiquer de manière générale les pouvoirs thérapeutiques des jeux de langage, mais d'en proposer une série concrète. a ce titre, le cahier brun se présent à la fois comme un manuel d'exercices philosophiques et comme une réflexion sur leur usage. y sont examinés des problèmes aussi divers que la ressemblance, le suivi des règles, l'infini, etc.
    , qui relèvent tous d'une attitude métaphysique dont wittgenstein veut montrer la vanité.

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  • Entretiens

    Epictète

    Epictète est avec sénèque et marc aurèle la plus grande figure du stoïcisme romain des deux premiers siècles de notre ère.
    Après avoir été esclave d'un affranchi de néron, il fut affranchi à son tour et fonda une école renommée de philosophie. il vécut dans la simplicité, fidèle à l'éthique du renoncement qu'il prônait. il n'a jamais écrit lui-même et ces entretiens sont la transcription de son enseignement oral recueilli par son disciple flavius arrrianus. a l'origine, arrien avait réuni huit livres dont il ne subsiste désormais que la moitié.
    L'abrégé de ces entretiens est connu sous le titre de manuel d'epictète. l'enseignement de ce sage a pour devis la célèbre distinction enter " ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous. dépendent de nous l'opinion, la tendance, le désir, l'aversion, en un mot toutes nos oeuvres propres ; ne dépendent pas de nous le corps, la richesse, les témoignages de considération, les hautes charges, en un mot les choses qui ne sont pas nos oeuvres propres.
    Les choses qui dépendent de nos sont naturellement libres (. ) les choses qui ne dépendent pas de nous sont fragiles, serves. ".

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  • Le xixe siècle n'est pas seulement une période comme les autres.
    Arrière-monde du xxe, il en annonçait aussi l'étrange futur consolateur, avec le socialisme, l'occultisme et diverses formes de religions du progrès. dissemblables sinon opposés en apparence, ces mouvements, et d'autres apparentés comme le féminisme ou l'antisémitisme, obéissaient en fait à un code commun, à la fois simple et mystérieux, que philippe muray a entrepris de déchiffrer. a quelle nécessité politique répondait en effet hugo en exil lorsqu'il faisait tourner les tables ? pourquoi le positiviste auguste comte finit-il par fonder une religion, et blanqui, le socialiste, composa-t-il un ouvrage sur l'éternité par les astres ? de quel ciel jusqu'alors inconnu tomba l'ahurissante série des ultimes " évangiles " de zola ?.
    Au terme de cette enquête originale, le xixe siècle apparaît d'une brûlante actualité, car ce sont les " sorcières modernistes " de notre époque que philippe muray nous fait mieux comprendre : les sortilèges dont elles usent pour enthousiasmer les populations, obtenir leur obéissance, et même leur participation et les conduire, sans trop de problèmes, vers un avenir abominable.

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  • Ces études apportent dans leur ensemble, et chacune pour soi, une contribution à la grande problématique du langage qui s'énonce dans les principaux thèmes traités : on y envisage les relations entre le biologique et le culturel, entre la subjectivité et la socialité, entre le signe et l'objet, entre le symbole et la pensée, et aussi les problèmes de l'analyse intra linguistique.

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  • Ce livre, bilan ethnopsychiatrique d'une oeuvre abondante, aborde les thèmes les plus variés, depuis la délinquance sexuelle des jeunes filles dans une société puritaine jusqu'aux rêves pathogènes dans les sociétés non occidentales.

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  • Censuré en 1939 par le ministère français des Affaires étrangères, détruit en 1940 par les Allemands, ce livre a été finalement réédité au début des années 1950 dans sa version actuelle augmentée et actualisée. C'est un traité classique de psychologie sociale qui cherche à démonter comme à comprendre les mécanismes auxquels obéissent les foules, les masses et, plus généralement, la formation de la volonté politique et l'action politique. Quatre impulsions affectives primaires sont mises en oeuvre par la manipulation propagandiste et idéologique : l'agressivité, l'intérêt matériel immédiat, l'attirance sexuelle au sens large, la recherche de la sécurité et de la norme. Cette psychologie sociale discute, bien sûr, Freud, mais aussi Jung, Tarde et Pavlov.
    C'est bien évidemment sur le terrain historique de l'affrontement entre propagande nazie et réistance social-démocrate que l'auteur se situe dans un premier temps pour analyser les raisons du fulgurant succès de Hitler et celles de l'échec de la démocratie. Mais il étend ses investigations au-delà de ces événements et traite aussi de la propagande soviétique, de l'affrontement idéologique de la guerre froide, du pacifisme, bref, des formes générales de la propagande, de sa réussite ou de son échec, ainsi que des moyens d'y résister, ce qui conduit l'auteur, savant biologiste, à parler ici en sociologue et, surtout, en pédagogue.

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  • Jeune fille à marier, épouse et mère, maîtresse, vieille fille : ces états offerts à la carrière féminine, la littérature occidentale comme l'expérience du monde vécu nous les ont rendus familiers.
    Pourtant, la lecture de quelque deux cent cinquante oeuvres, classiques ou plus confidentielles, du XVIIIe siècle à nos jours - romans, nouvelles, contes, pièces de théâtre et films -, réserve une étonnante surprise. La fiction ne se contente pas de refléter la réalité historique et ses lentes évolutions ; à partir de ce petit nombre, très stable, d'états dûment structurés, régis par des règles précises, définis par le mode de subsistance économique et la disponibilité sexuelle, elle révèle un état particulier : le «complexe de la seconde».
    Cet état, qui ne s'observe pas semblablement dans la vie commune, est l'équivalent féminin et romanesque du complexe d'oedipe : comment, maîtresse, prendre la place de la femme mariée ? Comment, seconde épouse, remplacer la première ? Il hante la fiction, noble ou sentimentale, de Charlotte Brontë à Georges Ohnet, d'Honoré de Balzac à Marguerite Duras, de Thomas Hardy à Delly, d'Henry James à Daphné Du Maurier.
    Telle, dans ses structures, apparaît l'identité féminine à un «regard éloigné», celui que peut porter l'anthropologue sur les romans de la culture occidentale.

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  • Ce second volume de problèmes de linguistique générale réunit vingt études importantes parues de 1965 à 1972 qui complètent une vaste introduction à une problématique du langage.
    Les deux premiers articles, sous forme d'entretiens, traitent de l'évolution de la linguistique et des changements récents survenus dans les doctrines du langage.
    On passe ensuite au problème fondamental de la communication et du signe, au développement de la sémiologie de la langue. la notion de structure et celle de fonction sont l'objet des études suivantes, structure de la langue et structure de la société. la syntaxe vient ensuite avec la composition nominale et les relations d'auxiliarité. deux études visent à monter comme l'homme est implicite dans la langue, " l'antonyme et le pronom français moderne " et " la forme et le sens dans le langage ".
    Enfin on trouvera dans les derniers chapitres la poursuite de recherches sur la genèse de certains termes culturels ou concepts importants comme l'histoire du terme " scientifique ", l'étude de " la blasphémie et l'euphémie " ou l'analyse de " deux modèles linguistique de la cité ".

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  • Dans une lettre, merleau-ponty décrit ainsi l'intention qu'il a développée dans cet ouvrage, écrit pour l'essentiel en 1952 et resté depuis en chantier :
    " toute grande prose est aussi une récréation de l'instrument signifiant, désormais manié selon une syntaxe neuve.
    Le prosaïque se borne à toucher par des signes convenus des significations déjà installées dans la culture. la grande prose est l'art de capter un sens qui n'avait jamais été objectivé jusque-là et de le rendre accessible à tous ceux qui parlent la même langue. un écrivain se survit lorsqu'il n'est plus capable de fonder ainsi une universalité nouvelle, et de communiquer dans le risque. " le philosophe nous livre ici ses réflexions sur le langage en général, mais aussi une théorie de l'expression qui l'engage autant vers les thèmes du dialogue et du rapport à autrui, vers la problématique anthropologique de la communication, que vers l'expressivité dans l'art et dans ses premières manifestations chez l'enfant.

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  • Voici l'étude d'une figure historique de la mysthique chrétienne.
    Figure passante organisée autour des rapports entre un sujet parlant, une parole et une institution, quand se déchire le monde des certitudes médiévales, que la foi se fait combat et quesion, que l'ordre traditionnel tombe en ruine et que s'ouvrent mille autres lieux pour restaurer la communication spirituelle. brûlé par l'amour d'un autre, le sujet (souvent féminin) dit son désir d'une impossible rencontre, à travers les surprises et les violences d'un récit d'extases, de grâces et de blessures.
    La manière de dire lui importe davantage que le dit, et sa parole se fait musique, poème, dialogue et fable. associés aux images troublantes du fou, de l'idiot, de l'enfant, de la femme ou de l'errant, les mystiques se réfèrent et se dérobent au pouvoir de l'institution ecclésiale, emportés d'un mouvement qui est transport, passion, mais aussi vie commune de la foi.

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