Gallimard

  • Voici un roman au destin étrange dont la lecture, lors de sa première publication, il y a plus d'une trentaine d'années, marqua de manière indélébile une génération, chargée aujourd'hui de le ramener au jour par-delà le temps et l'oubli.

    Fondé sur un fait divers fameux de l'histoire américaine, il retrace le parcours croisé de deux frères de la bonne bourgeoisie new-yorkaise, Seymour et Randall Holt, le violent et le tendre, de leur enfance dorée à une jeunesse aventureuse qui les mène jusqu'en Italie du Nord et à Vienne. Périple qui s'interrompt prématurément et débouche sur une réunion forcée derrière les portes de la maison de famille, peu à peu transformée en cénotaphe hitchcockien.
    Dans ce lieu sombre et magique, véritable protagoniste du livre, s'accumulent de vieux pianos, des liasses de billets de banque, emblèmes dévalués d'une fortune jamais mise à profit, d'innombrables piles de vieux journaux, amassés dans l'attente d'une hypothétique lecture et qui finissent par occuper une pièce après l'autre, forçant les occupants dans un minuscule et terrifiant réduit, avant de décider de leur sort.

    Sur commande
  • Kleist a trop souffert du mépris des classiques, et de goethe en particulier, pour qu'on lui fasse la tragique injure de le ranger parmi eux.
    Il n'était nulle part chez lui, dans aucun courant littéraire, pas même le romantisme - destin qu'il a partagé avec hölderlin. ce premier volume des oeuvres complètes de kleist, qui vient compléter la correspondance publiée par jean-claude schneider chez gallimard, contient ce que l'on a coutume de rassembler sous le titre de petits écrits ainsi que, pour la première fois, tous les poèmes. on trouvera dans ces textes, souvent publiés dans des revues et des journaux et dont la diversité ne doit pas cacher l'importance, des essais admirables, dont le célèbre sur le théâtre de marionnettes mais aussi de l'élaboration progressive des idées par la parole, considérations sur le cours du monde, de la réflexion, impressions devant un paysage matin de friedrich, etc.
    La phrase de kleist, faite d'appels, de piétinements, d'élans avortés et repris, est souvent rebelle, et c'est dans les ramures tantôt torturées tantôt jaillissantes de cette écriture que la pensée prend son essor. mouvement complexe que tente de rendre la présente traduction en suivant au plus près cette langue inimitable, entre glace et granit, envolées paniques et pointes d'humour. car si kleist fut un des plus grands écrivains de son époque, il ne fut jamais l'homme d'un seul style.

    Sur commande
  • Ce livre invite à déconstruire l'idée contemporaine d'identité nationale à partir de l'Antiquité romaine.
    Pourquoi revenir à l'Antiquité ? L'Antiquité sert à conforter les penseurs contemporains qui s'y projettent, ayant le sentiment confortable que leurs idées ont toujours été là. L'anthropologie historique vise à bousculer ce confort intellectuel grâce au fameux « regard éloigné ». Pourquoi Rome et non Athènes? Athènes était une cité refermée sur elle-même. L'Athénien était citoyen de père et de mère, en fils ; le peuple d'Athènes n'accordait que rarement la citoyenneté à des étrangers.
    Rome appliquait une politique contraire. Dès les premiers temps, elle donnait largement la citoyenneté aux ennemis vaincus et aux affranchis qui, intégrés, lui ont fourni des armées innombrables et une élite sans cesse renouvelée. A partir de là, il était tentant d'aller voir quelle conception de la citoyenneté et de l'identité romaine avaient permis cette société ouverte (multiculturelle ou métissée ?) qui était celle de « nos ancêtres les Romains ».
    Or non seulement la citoyenneté romaine était un statut juridique sans contenu racial, ethnique ou culturel mais encore elle reposait sur l'origo, notion juridique complexe qui impliquait que tout citoyen romain d'une façon ou d'une autre venait d'ailleurs. Tous des étrangers : ce qu'illustre l'Enéide, poème de l'origo qui célèbre Énée, le « père » des Romains et figure de l'altérité : le héros venu d'ailleurs et qui n'a pas fondé Rome.

    Sur commande
  • Outsider sa vie durant et lecteur aigu de Baudelaire, du Paris du XIXe siècle et des signes de la ville en général, Walter Benjamin fut l'auteur d'une oeuvre dont une grande part est restée à l'état de fragments, mais dont la portée ne cesse de se révéler dans le temps.

    Sur commande
  • Météore au ciel de la poésie, olivier larronde publia son premier recueil en 1946, à l'âge de dix-neuf ans.
    Il fut immédiatement reconnu par jean genet, avant de l'être par jean cocteau, et tous les écrivains majeurs du moment, de raymond queneau à michel leiris.
    Il ne fit paraître avant de mourir prématurément, en 1965, que trois volumes, rassemblés ici pour la première fois dans leur version définitive. cet ensemble est précédé d'un essai de jacques roubaud qui offre à la fois une analyse stylistique des poèmes, montre les prolongements d'une oeuvre réputée excentrique et lui restitue toute sa place dans l'histoire de la poésie contemporaine.

    à ce texte majeur s'ajoute une " vie brève " écrite spécialement pour la présente édition par jean-pierre lacloche, qui accompagna larronde tout au long de son oeuvre. elle donne un aperçu poignant sur une vie aussi intense, et radicale, que le fut sa poésie.
    " olivier larronde, écrivit cocteau, se trouve être dans le vide le plus pur, à l'extrême pointe entre la jeunesse qui se croit délivrée de toute syntaxe et celle qui s'accroche aux vieilles syntaxes.
    Son équilibre n'est ni l'équilibre de l'inconscience ni l'équilibre des somnambules. il l'a voulu. il le veut. et à son estime : la place d'un mot peut le mettre en danger de mort. ".

    Sur commande
  • Un officier en rupture de ban, lors de l'expédition italienne en Ethiopie, tombe sous le charme d'une jeune indigène, avec laquelle il a une aventure.
    En proie à une sorte d'hallucination, au coeur de la nuit, il la tue accidentellement, et se perd dans une longue errance au cours de laquelle il croise un médecin suspicieux puis un commandant véreux, avant de trouver refuge auprès d'un vieux sage qui n'est pas sans lien avec son amante infortunée... Il a appris entre-temps que le turban que portait cette dernière était celui des victimes de la lèpre.
    Récit fascinant sur l'expérience de l'étranger, l'opacité de l'autre et l'incertitude du réel, Un temps pour tuer est le seul roman qu'ait écrit Ennio Maiano. Il reçut le prix Strega en 1947 et fut porté à l'écran en 1989.

    Sur commande
  • Peu de mots auront eu une fortune aussi extraordinaire que celui de baroque. D'abord adjectif dépréciatif, quasi synonyme d'irrégulier, de bizarre, voire de laid, il en est venu à désigner, à partir de la fin du XIXe siècle, un style ou une période de l'histoire de l'art, celle qui s'étend, pour simplifier, de la Renaissance aux Lumières. Le présent essai se propose d'en reprendre l'histoire, d'en analyser, autant que faire se peut, les étapes, les significations et les enjeux. La déconstruction d'un tel « monstre » est en soi instructive. Elle permet de rencontrer nombre d'historiens, d'historiens de l'art et d'esthéticiens, illustres ou moins connus. Elle montre que la question ouverte avec les Burckhardt, les Wölfflin et les Riegl n'a cessé d'être reprise et enrichie par leurs successeurs. Même limité aux arts visuels, le prétendu concept de baroque continue de séduire. Étendu à toute une culture, voire à certaines tendances, que l'on se plaît à penser éternelles et universelles, de l'esprit créateur, il finit par n'avoir plus guère de sens. Sous les dehors d'une grande promenade à travers les arts et le temps, cet ouvrage pose donc la triple question de la nécessité, de la validité et du danger des étiquettes en histoire de l'art.

    Sur commande
  • Nouvelle édition en 1995

    Sur commande
  • Le 22 novembre 1906, la jeune Virginia Stephen adresse quelques lignes respectueuses à un ami de son frère (" Cher Mr. Strachey, nous aimerions tant vous voir, si vous pouviez nous rendre visite un jour prochain. Dimanche qui vient vous conviendrait-il, vers six heures du soir ? Vanessa va beaucoup mieux et aimerait vous parler. "). Vingt-cinq ans plus tard - l'arc de temps que couvre le présent volume -, ils sont l'un et l'autre célèbres, et à la tête d'oeuvres qui marquent déjà l'époque. Il est le démystificateur féroce du siècle de Victoria, et l'auteur d'essais lumineux sur la littérature, le théâtre et l'histoire ; elle a déjà publié plusieurs de ses oeuvres majeures, de La Chambre de Jacob à Mrs. Dalloway et La Promenade au phare. Ils s'entrelisent, se complimentent, se critiquent, évoquent leur quotidien, moquent les ridicules de l'infortunée Ottoline Morrell et disent tout le bien, et le mal, qu'ils pensent de ceux qui les entourent - de Roger Fry à E. M. Forster, via Keynes, Clive Bell ou Duncan Grant. Publié à l'origine dans une version largement censurée, pour ménager les susceptibilités de certains protagonistes, par Leonard Woolf et James Strachey, cet échange entre deux esprits aigus, et " pas toujours charitables ", offre une chronique fascinante du cercle de Bloomsbury, et paraît ici pour la première fois dans son intégralité, augmenté de lettres retrouvées depuis l'édition originale.

    Sur commande
  • Assistant dans une université du Connecticut, Edoardo tombe amoureux d'Edith, jeune et belle serveuse d'origine tchécoslovaque, qui le séduit par sa simplicité et son cynisme. Leur liaison est tumultueuse, et quand il lui demande sa main un an après son retour à Milan, il est surpris de la voir accepter. Le jour de leur mariage, en Italie, il fait la connaissance d'Anna, la meilleure amie d'Edith, qui vient d'épouser Vaclav, frère de la première et marin. C'est le coup de foudre. Les deux couples partent ensemble en voyage de noces à Venise avant de regagner séparément les Etats-Unis, les uns à New York, les autres à Berkeley, où Edoardo va enseigner. Quelques mois plus tard, Anna, dont le mariage a échoué (elle a découvert que Vaclav est l'amant d'un officier), devient la maîtresse d'Edoardo, qui se retrouve ainsi au centre d'un triangle amoureux. Incapable de choisir entre son amour pour sa femme et la passion charnelle que lui inspire Anna, il se laisse peu à peu dépasser par la situation. C'est alors qu'il apprend qu'Edith est atteinte d'une maladie incurable.
    Dans ce court roman à l'écriture limpide et à la structure impeccable (l'action débute le jour du mariage d'Edoardo et procède, dans la première moitié, par flash-back), Soldati explore une fois encore les liens de l'amour et de l'adultère en oscillant entre sensualité et moralisme.

    Sur commande
  • Une série de morts étranges se succèdent à Genève. Tous sont empoisonnés, mais le poison n'est pas identifi able. L'asile psychiatrique de Bel Air voit de nouveaux arrivants et des essaims de mouches apparaissent dans le sillage d'une vieille dame. Un professeur morphinomane, plein de charme et d'une étrange culpabilité, un procureur bonhomme, un détective légèrement blasé, un espion soviétique très louche, une espionne soviétique enfl ammée, une médecin délurée, un autre médecin, mais gentil et ennuyeux, et un faux reporter irlandais. Tous ces ingrédients font de ce roman policier étonnant une petite merveille de style, écrite en 1929.

    Sur commande
  • Publié à l'occasion du vingtième anniversaire du Promeneur, et de l'exposition que lui consacre l'Institut national d'histoire de l'art, ce volume rassemble un riche matériel iconograph ique, des textes de Sir Thomas Browne, François de La Mothe Le Vayer, de Charles Nodier, et de nombreuses contributions d'écrivains contemporains.

    Sur commande
  • Sur commande
  • La nuit

    Giorgo Manganelli

    " Récemment - un jour bêtement banal -, un ami me rencontra dans la rue, et, parmi d'autres potins à tort et à travers (c'est un ami qu'ont rendu malpoli les trop nombreux cortèges funèbres à la queue desquels il aime se mettre), il m'avisa que j'avais publié un livre.
    Il ne me le dit pas avec une acrimonie particulière, ni, à mon avis, avec malignité, bien que sa façon de s'exprimer fasse toujours soupçonner en lui un pervers calomniateur. Evidemment, cette nouvelle, ou ce commérage, selon quoi j'avais publié un livre ne pouvait me laisser indifférent. Je ne voulais pas donner à ce monsieur l'impression que je n'en savais rien du tout, et pourtant ne me venaient aux lèvres que des propos généraux : " Qu'en penses-tu ? " ou : " Ça te plaît ? ".
    En fait, je ne savais pas que j'avais publié un livre ; plus exactement, j'ignorais qu'un livre avec mon nom sur la couverture avait été présenté aux libraires et, par ceux-ci, au public. " Seize récits inédits de Giorgio Manganelli écrits entre 1979 et 1986, à un moment où les " autorités politico-religieuses étaient réunies en conclave esthétique, pour décider si la littérature est vaine ou simplement criminelle ".
    Seize récits hantés par la " substance nuit ", où s'affirment de manière définitive l'ironie absolue, la fulgurance stylistique, la trouvaille jubilatoire et l'idée de la littérature que ne cessa de défendre sa vie durant l'un des écrivains majeurs de notre modernité.

    Sur commande
  • Ce roman, le dernier écrit par Giorgio Manganelli avant sa mort, en 1990, offre comme une vision étincelante, l'hallucination d'un théologien, l'exploration et la reconnaissance d'un lieu " où il est difficile de pénétrer et d'où il est impossible de sortir ".
    Ce lieu s'appelle, en une sorte de flou résolu, " le marécage définitif ". Le narrateur y pénètre en ayant commis une faute, sans savoir laquelle.
    À mesure que nous suivons le narrateur et son cheval - protagoniste non dénué d'importance dans ce récit - et avançons dans cette terre " animée d'une vie trouble ", nous nous rendons compte que nous sommes entraînés, en un tourbillon métaphysique, dans la création d'un démiurge malin, Et nous vient la pensée que Manganelli a voulu raconter ici le lieu même de son imagination, lieu " suprêmement dangereux ", énigmatique, " répugnant et attirant ", où se déroule une aventure solitaire et extrême, ce lieu frontière entre de nombreux mondes qui fut la " mystérieuse et taciturne patrie " de ce grand visionnaire.

  • Scénariste et costumier à Los Angeles, où il mène depuis quinze ans une vie de famille exemplaire, Eugenio Crema-Donnini, alias Kramer, est brusquement hanté par la figure d'une ancienne maîtresse, Olga, une amie de sa femme Irma, qui avait été son employée dans les années soixante.
    Au moment où resurgit ainsi le souvenir de la passion irrationnelle que lui inspirait la jeune femme vingt ans plus tôt, Kramer est contacté par un producteur romain, vieille relation professionnelle, décidé à faire renaître de ses cendres un de ses anciens projets inspiré du jugement dernier de Michel-Ange. Il quitte donc les États-Unis pour l'Italie, à la recherche du succès et du temps perdu, pris dans les entrelacs du passé et du présent.
    /> On retrouve dans El Paseo de Gracia, paru en Italie en 1987, et inédit en français, l'un des thèmes favoris de Soldati, l'adultère, avec les sentiments mêlés de honte et de folie érotique qu'entraîne, aux yeux du romancier, cette attraction irraisonnée.

    Sur commande
  • A la fin du XIXe siècle, dans le haut Limousin, territoire disgracié de la France rurale, un jeune homme, fils naturel d'une simple d'esprit et d'un inconnu, affligé d'un pied bot, pauvre de surcroît, découvre les gestes et la technique qui feront de lui un photographe ambulant. Il est né en 1866 et se suicide en 1910. Retrouvées dans le grenier de la mairie d'Aix-la-Marsalouse, ses plaques témoignent d'un singulier souci de donner à voir ce qui n'avait pour ainsi dire pas d'image une population appelée à disparaître dans les décennies à venir. L'art du bref n'est pas une biographie d'Antoine Coudert, ce photographe dont on ne sait presque rien et dont l'existence tragique a quelque chose des héros de Faulkner. Parler de lui, c'est se vouer peu ou prou à la fiction. C'est entrer dans un songe noir pour y chercher de la clarté. C'est enfin réfléchir sur la photographie, laquelle n'est peut-être pas un art - ou alors un art par défaut, un art modeste, un art du bref. R.M.

    Sur commande
  • En 1961, à la Biennale de Venise, Vitaliano Zorzi s'éprend d'un tableau intitulé L'Incendie et décide de l'offrir en cadeau de mariage et d'adieu à sa jeune maîtresse. Avec la complicité d'un critique d'art influent, Marinoni, il fait la connaissance de son auteur, Mucci, et de son étrange compagne, Fernanda. Quand, quelques mois plus tard, l'artiste fait appel à lui parce qu'il a besoin d'argent afin de partir pour l'Afrique, il accepte d'acheter tous ses tableaux et de lui reverser cinquante pour cent de leur prix de vente une fois la somme initiale recouverte : il est certain que Mucci deviendra célèbre avec l'aide de Marinoni, qui a promis de lui consacrer une monographie. Or le peintre, qui a donné régulièrement de ses nouvelles, meurt deux ans et demi plus tard dans un accident de voiture au Congo. Aussitôt, la cote des tableaux explose. Mais on ne saurait évidemment se fier aux apparences.
    Avec pour décor Venise, Turin, la Riviera et l'Afrique, ce roman séduisant joue en virtuose sur les thèmes usuels de Soldati - l'ambigüité du désir, les jeux de pouvoir, l'amitié, le mensonge et la mystification - et explore le milieu de l'art que l'auteur, ancien élève de Roberto Longhi, connaissait bien.

    Sur commande
  • IL y a une énigme Vivant Denon.
    Cet homme qui traversa tout le XVIII siècle, au point d'en être, pour Anatole France, l'expression par excellence, a gardé un étonnant silence sur lui-même. Tour à tour diplomate, joli coeur, espion, courtisan, aventurier, graveur, personnage officiel, collectionneur, il est une figure de la cour de Louis XV et de Louis XVI, de la République, du Directoire, du Consulat et de l'Empire, il s'impose dans l'expédition d'Egypte, dirige la politique culturelle de Napoléon et se trouve à l'origine du musée du Louvre.
    Il écrit quelques textes, invariablement sujets à des querelles d'attribution, et disparaît des mémoires, apprécié des seuls connaisseurs, pour resurgir soudain, et avec quelle force, dans quelques livres récents. L'étrange parcours (et peut-être le silence) de Dominique Vivant Denon ne manque pas cependant d'exciter très tôt la curiosité; et gravitent, dès le XVIIIe siècle, autour de cette figure secrète, témoignages et hypothèses, évocations et tentatives biographiques.
    C'est la majeure partie de ces reliquiae, d'une qualité littéraire souvent remarquable, que l'on s'est proposé de recueillir ici, rassemblant les fragments d'une biographie par définition lacunaire. S'esquisse ainsi l'image d'un personnage hors du commun, dont il ne nous reste que quelques éclats réfractés dans le regard de spectateurs subjugués. Graveur de grand talent remarquable collectionneur et amateur d'art écrivain occasionnel, Dominique Vivan Denon (1747-1825) fut tour à tour diplomate et artiste, avant de suivre Bonaparte en Egypte.
    Directeur des musées de 1802 à 1815, il finit ses jours au milieu de ses collections, qu'il avait réuni dans un appartement du quai Voltaire.

    Sur commande
  • Sur commande
  • Le dernier voyage

    Franz Hessel

    " Il lui semblait que le sol se dérobait sous lui.
    Il était comme porté par les pavés, tel un nageur à la surface de l'eau. Il contourna la place de Prague et il eut l'impression de décrire une boucle sur la glace d'une patinoire. En traversant la chaussée, il fut gagné par un sentiment d'insouciance étrange. Sur une maison d'angle, le nom d'une école d'arts décoratifs brillait en lettres gigantesques. Des silhouettes de fruits se détachaient à la devanture d'un magasin, nimbées de lumière crue.
    Toutes ces couleurs lui apparaissaient irréelles, existant pour elles-mêmes, indépendantes des formes et des objets auxquels elles appartenaient. Peut-être percevait-il les variations du spectre qui échappent d'ordinaire à notre vision. " F.H.

    Sur commande
  • Ce volume rassemble les essais les plus importants de pierre klossowski restés jusqu'à présent dispersés.
    Il prend ainsi naturellement place auprès de ses deux précédents recueils, un si funeste désir et la ressemblance. des premiers articles publiés dans la revue de georges bataille, acéphale, autour déjà de sade et nietzsche, aux évocations de figures familières (rilke, jouve puis walter benjamin), des considérations sur son entreprise romanesque à un ensemble d'écrits sur l'oeuvre d'art et ses " démons ", ce sont tous les aspects de l'oeuvre protéiforme et inclassable de klossowski qui sont ainsi offerts à la lecture.

    Les scénarios du fantasme, les jeux et les équivoques de la ressemblance, une dramaturgie de la description, l'interrogation inlassable sur la figure de roberte traversent et relient ces écrits disséminés sur une quarantaine d'années, offrant, incidemment, l'occasion de mesurer l'ampleur et l'obstination d'un parcours resté parmi les plus singuliers de la littérature de notre temps.

    Sur commande
empty