Littérature générale

  • " c'est le monde entier que je veux posséder ", écrivait sartre en 1940.

    Difficile entreprise que de raconter la vie d'un penseur aussi boulimique, d'un écrivain aussi polyvalent, d'un polémiste qui défia toutes les autorités et refusa - presque - tous les dogmes. difficile aussi de rendre compte de son emprise hégémonique sur les itinéraires culturels de notre siècle. d'autant que, malgré sa disparition, sa légende est déjà figée.
    Cet ouvrage constitue un événement culturel : l'intellectuel le plus représentatif du xxe siècle revit dans une biographie aussi rigoureuse qu'accessible.
    Une multitude de documents, de lettres, de témoignages inédits éclairent sous un jour nouveau toutes les facettes de ce " petit homme " qui fut le seul écrivain à refuser le prix nobel de littérature et que le général de gaulle qualifia un jour de " voltaire du xx siècle ".

  • À la bourse, il caracole dans la course aux profits. Qui ? Le luxe.
    Avec l'élargissement de la consommation et son uniformisation globalisée, il a pris de nouvelles proportions : loin d'être un phénomène marginal limité à une mince élite, il est désormais un secteur phare de l'économie. Au travers des marques, il est omniprésent dans l'univers de la communication.
    Il est révolu le temps où le luxe était compris en termes de luttes symboliques entre les classes sociales, avec leurs stratégies de distinction et d'ostentation de la part des dominants.
    L'expansion contemporaine du phénomène oblige à en considérer la nature : Gilles Lipovetsky et Elyette Roux en proposent une double approche, grâce à une analyse historico-sociale dans la très longue durée et, dans le présent, une approche par le marketing et la sémiotique.
    Ce croisement des perspectives met en relief les nouveaux dispositifs du luxe, cette sphère où cohabitent maintenant passions aristocratiques et passions démocratiques, traditions et innovations, mythes et modes.

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  • Voici un des textes les plus importants du taoïsme.
    Moins galvaudé que le Tao-tö king, il mêle récits magiques, entretiens philosophiques et conseils pour une vie adéquate à notre condition. II permet surtout de comprendre l'opposition radicale entre le taoïsme - refus de participer à l'agitation du monde et pratique du non-agir - et le confucianisme, activité diligente au sein du corps social. De Lie-tseu on sait peu de choses, sinon qu'il s'agit d'une personne et non d'un mythe.
    Il naquit vraisemblablement vers 450 avant notre ère, subsistait, croit-on, grâce aux dons de ses disciples, mais de sa mort, on ignore tout. Par la diversité de ses thèmes, ce recueil de textes édifiants, destinés à l'enseignement moral, illustre un taoïsme plus populaire, moins hostile à Confucius mais étonnamment chargé de récits de magie, mêlant la sorcellerie la plus naïve à la métaphysique la plus raffinée.
    Sa complexité comme son caractère combatif témoignent de l'effervescence intellectuelle dans la Chine d'il y a plus de deux mille cinq cents ans.

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  • Tout commence par un aphorisme de René Char extrait des Feuillets d'Hypnos, texte écrit depuis le maquis : « Notre héritage n'est précédé d'aucun testament. » Il ne constitue pas « une donnée » identifiable ou « un donné » calculable, même s'il nous a bien été offert. Ce dont nous héritons n'est souvent ni nommable ni saisissable une fois pour toutes. Pourquoi cela ? Déjà parce que nous héritons d'oublis autant que de souvenirs. Souvent nous ne savons pas qui furent nos donateurs et comment se nomment nos trésors. Les contemporains n'ont pas conscience de la tradition dont ils pourraient, s'ils l'assumaient, se constituer en héritiers.
    L'aphorisme de René Char nous demande de repenser ensemble l'autrefois, le maintenant et l'après de toute transmission. C'est que toute transmission est à constamment retravailler. Le passé refoulé finit toujours par faire retour à travers symptômes, crises ou séismes de notre présent. Comment donc se constitue une tradition lorsque son contenu, héritage du passé, nous vient de grands-parents trop mystérieux ou de trésors incompréhensibles qui se retrouvent, sans qu'on les ait choisis, entre nos mains, au fond de notre coeur ou juste sous nos pieds ?
    Après avoir reconnu et nommé notre héritage, voici donc qu'il nous échoit de le partager, de le transmettre. Mais de quelle façon penser un tel partage ?
    Telles sont quelques-unes de squestions que posent tour à tour Mark Alizart, Karol Beffa, Anne Cheng, Michel Deguy, Chantal Delsol Georges Didi-Huberman, Mona Ozouf, Maël Renouard, Olivier Rolin, Pierre Rosanvallon, Isabelle Stengers, Cécilia Suzzoni.
    Cet ouvrage reprend certaines contributions au 28e Forum Philo Le Monde / Le Mans, rencontres philosophiques organisées du 4 au 6 novembre 2016 par la Ville du Mans et le journal Le Monde sous la direction de Jean Birnbaum.

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  • Édition spéciale comprenant un carnet

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  • Sept essais critiques qui tentent d'évaluer ou de réévaluer un sujet, d'aller " les yeux ouverts ", comme naguère l'hadrien des mémoires, aussi loin que cet examen nous mène.
    Une étude sur l'histoire auguste, ce recueil de chroniques violemment partiales, parfois scandaleuses, qui est néanmoins l'une de nos sources les plus importantes pour l'histoire de la rome de la décadence. deux essais écrits, dirait-on, en marge de l'oeuvre au noir, l'un consacré aux tragiques d'agrippa d'aubigné, et, plus encore peut-être, par-delà ce sombre grand poète, à l'intolérance et à la cruauté sous leurs aspects du xvie siècle ; l'autre évoquant la vie agitée et instable des habitants successifs de chenonceaux, jouets, comme nous tous, des pouvoirs conjugués de la politique et de l'argent sans cesse présents dans ce poétique décor.
    Une étude sur les prisons imaginaires de piranèse, " l'une des oeuvres les plus secrètes que nous ait léguées le xviiie siècle ", analyse les motivations formelles et psychologiques de ces extraordinaires architectures. viennent ensuite trois grands noms de la littérature moderne : selma lagerlöf, conteuse épique de la suède du xixe siècle ; l'énigmatique poète constantin cavafy, obsédé par son propre passé amoureux et par le passé alexandrin et byzantin de sa race ; thomas man et les rapports complexes de l'auteur de la montagne magique et du docteur faustus avec la vieille et savante tradition des hermétistes et des alchimistes, qui préconisèrent la connaissance du monde " sous les espèces de l'intériorité.

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  • «Les mots, de par la nature que nous leur reconnaissons, méritent de jouer un rôle autrement décisif. Rien ne sert de les modifier puisque, tels qu'ils sont, ils répondent avec cette promptitude à notre appel. Il suffit que notre critique porte sur les lois qui président à leur assemblage. La médiocrité de notre univers ne dépend-elle pas essentiellement de notre pouvoir d'énonciation ? Dieu merci, une réaction lente mais sûre a fini par s'opérer à ce sujet dans les esprits. Le dit et le redit rencontrent aujourd'hui une solide barrière. Ce sont eux qui nous rivaient à cet univers commun. C'est en eux que nous avions pris ce goût de l'argent, ces craintes limitantes, ce sentiment de la "patrie", cette horreur de notre destinée. Je crois qu'il n'est pas trop tard pour revenir sur cette déception, inhérente aux mots dont nous avons fait jusqu'ici mauvais usage. Qu'est-ce qui me retient de brouiller l'ordre des mots, d'attenter de cette manière à l'existence toute apparente des choses ! Le langage peut et doit être arraché à son servage. Plus de descriptions d'après nature, plus d'études de moeurs. Silence, afin qu'où nul n'a jamais passé je passe, silence ! - Après toi, mon beau langage.» André Breton.

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  • Cet ouvrage est une étude des principaux problèmes posés par la littérature : la littérature dans la société, la littérature devant la morale, la littérature et le langage. Il est né d'une réflexion sur l'évolution des Lettres depuis le romantisme, sur l'état de paroxysme où elles se plaisent, sur la sorte de fureur destructrice où elles se consument présentement. Mais cette enquête (ou, si l'on veut, ce réquisitoire) n'est pas seulement une mise en cause - esthétique, morale et sociologique - de la littérature contemporaine, elle s'ouvre à la fin en une manière de traité des fins dernières de la littérature.

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  • Maintenant que les idéologies qui avaient pour horizon l'Histoire et ses promesses ont replié leurs bannières, le marxisme réintègre sa place parmi les philosophies.
    C'est exactement à quoi invitait Raymond Aron, voilà quelque trente ans, dans cette critique des saintes familles existentialiste et structuraliste : il faut, disait-il, remettre Marx à sa vraie place - celle non pas de l'avenir radieux du prolétariat mondial, mais d'un moment de la conscience philosophique occidentale.

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  • "Avant d'écrire, l'écrivain choisit, autant que possible, la langue dans laquelle il va rédiger ce qui lui semble nécessaire d'être dit. [...] Un problème se pose actuellement aux écrivains français, bien que la plupart d'entre eux ne s'en doutent même pas. En effet, il existe actuellement deux langues, celle qui continue à être enseignée (plus ou moins mal) dans les écoles et à être défendue (plutôt mal que bien) par des organismes officiels, comme l'Académie française, et la langue parlée, je ne dis même pas la langue populaire. Que le français actuel ne soit plus le même que celui des Académies, non pas seulement la française, déjà citée, mais celles entre lesquelles est partagé le territoire français pour la distribution de l'enseignement, c'est là une vérité élémentaire. Toute la question est de savoir jusqu'où va cette différence, et s'il la faut accentuer ou bien au contraire la réduire. [...] Il y a deux langues distinctes : l'une qui est le français qui, vers le XVsupe/sup siècle, a remplacé le "francien" (la traduction s'impose pour presque tous les textes avant Villon), l'autre, que l'on pourrait appeler le néo-français, qui n'existe pas encore et qui ne demande qu'à naître. Il est en gestation. Sa naissance n'est pas facile. [...] Le problème du néo-français est posé. Il n'est posé que depuis plusieurs années. L'accouchement sera laborieux. L'écrivain français doit aider à cette parturition, son travail, son oeuvre doit être une maïeutique linguistique."

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  • La vieille règle de simplicité du style était d'écrire comme on parle, de ressembler à la conversation.
    Mais un homme cultivé lit trois fois et demi plus vite qu'il ne parle : de plus, la typographie de la page fait que bien des mots parlés sont inutiles à écrire. la prose de stendhal essaie d'égaler en nudité, en promptitude, les découvertes de la pensée. seul pascal, sans le vouloir, indiquait ce chemin dans ses pensées. montrer le monde dans le mouvement d'une pensée agile, faire que l'auteur se prenne pour le héros, que le lecteur même s'identifie avec l'auteur, stendhal y arrive par vingt ans d'exercices, qui lui permettent d'improviser ses grandes oeuvres.
    Cette extrême présence du récit, cette pensée et ces caractères toujours à l'état naissant, parfois cette harmonie de sentiments qui égale la musique par l'évocation intérieure, font-ils un style inimitable ? le prosateur ne se donne qu'un outil, qui est lui-même ; il puise dans son coeur sans cesse fouillé, pétri par lui et repétri. art d'écrire, art de vivre, art de penser, se fondent en une seule création.

  • Linguistique

    Edward Sapir

    Anthropologue autant que linguiste, passant d'une étude strictement technique de phonétique historique à des considérations extrêment générales sur la nature et les fonctions du langage, sapir occupe une place à part dans l'histoire de la linguistique.
    Il a touché à presque tous les problèmes que les linguistes peuvent être amenés à se poser à propos du langage et à beaucoup d'autres dont, en général, ils ne s'avisent même pas. il se dégage de son oeuvre un certain éclat qui a toujours séduit ses lecteurs. suivant de très près les progrès de disciplines comme la psychologie, la psychanalyse et la sociologie, sapir entend replacer le langage dans l'ensemble du comportement humain.
    Loin de dissoudre la linguistique dans les autres sciences de l'homme, il définit, en particulier par une analyse des rapports entre la langue et la culture et entre le langage et la pensée, les conditions auxquelles la science peut fournir aux autres sciences du comportement leur modèle formel.

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  • L'oeuvre d'Ernst Jünger, qu'elle se présente sous la forme de romans, de Mémoires ou de développements philosophiques, constitue une seule et grande méditation sur le destin de l'homme dans le monde moderne.
    Témoin des prodigieux changements survenus dans le monde matériel et moral selon un processus toujours accéléré que nous appelons encore l'Histoire, Jünger, dans Le mur du Temps, formule la question capitale à laquelle l'homme moderne doit répondre, s'il est appelé à survivre : cette notion de l'Histoire sur laquelle nous vivons depuis Hérodote est-elle encore valable ? Les manifestations d'énergie créatrice ou destructrice qui se font jour par et à travers l'humanité ne sont plus à l'échelle de valeurs anciennes telles qu'héroïsme, sainteté, mesure, salut personnel...
    Le génie de la Terre utilise-t-il l'homme comme son meilleur outil, ou bien est-ce l'homme, nouveau Titan, ouvrier planétaire dont Jünger voit depuis longtemps se préfigurer le type, qui courbe à son service l'énergie terrestre, faisant de matière esprit, et d'esprit, matière ? L'avènement de l'homme, ou sa disparition au profit de " l'Insecte Futur ", tel est l'enjeu.

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  • Ce volume d'essais, où souvent l'intensité de la réflexion apporte à la phrase une force poétique, aborde les sujets les plus variés. Sur quelques lignes de Bède le Vénérable montre d'une façon saisissante le moment où le christianisme arrive dans le nord de l'Angleterre. Sixtine est une méditation sur la vie, la beauté, à travers Michel-Ange et ses élèves. Suit une étude sur Ton et langage dans le roman historique, avec, en appendice, les extraordinaires minutes de séances de torture subies par Campanella, en 1600. Le Temps, ce grand sculpteur parle du changement, de l'usure que les siècles apportent même aux statues. L'auteur médite Sur un rêve de Dürer, apporte des prolongements à l'étude d'Ivan Morris sur La noblesse de l'échec, étudie un cas de cruauté féminine, celui d'Elisabeth Báthory, et prend énergiquement la défense des animaux.

    Une séquence sur les Fêtes de l'an qui tourne, une réflexion sur des jeunes qui se sont immolés par le feu, l'évocation d'un vieux traité cynégétique, une approche du Tantrisme, l'érotisme du Moyen Âge hindou : tels sont quelques-uns des sujets traités.

  • Il n'a jamais existé au monde qu'un seul problème philosophique (dont les autres problèmes sont la menue monnaie) : comment l'esprit peut-il avoir prise sur un monde complexe, difficile, étranger ? Les rationalistes nous trompent, qui ne nous montrent de cet esprit, dans l'histoire, que les conquêtes et les triomphes. Mais Alain, rationaliste à sa façon, exige de revenir à tout instant aux sources de la pensée, et comme de recommencer l'histoire.
    Il donne ainsi à l'esprit un nouvel essor ; il lui permet de pousser plus loin l'audace des problèmes et le raffinement des solutions. Ce serait peu : il veut encore saisir les éléments simples, qui permettent de considérer tous les hommes comme égaux en dignité spirituelle.
    Jamais ce double mouvement de la pensée d'Alain n'a été plus évident, plus sensible aussi que dans les Entretiens, où la mer - elle aussi, toujours recommencée - le provoque, le soutient, l'accompagne.

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  • Toute la question est de savoir par quels moyens l'homme peut ouvrir les portes qui lui donneront accès au royaume de l'esprit. Baudelaire avait suggéré, en son temps, la prière, le travail et l'inspiration poétique. Mais la première est devenue de plus en plus superficielle et la voix des Muses se fait de plus en plus rarement entendre. Seul demeure le travail. Aussi est-il normal que l'homme contemporain se tourne vers d'autres possibilités et qu'il cherche, dans le recours aux «paradis artificiels», le chemin d'une antique sagesse depuis longtemps oubliée. Avec cet essai, Ernst Jünger ne fait que poursuivre une longue tradition européenne qui va de De Quincey jusqu'à Aldous Huxley en passant par Hoffmann et Baudelaire et qui débouche sur l'une des interrogations fondamentales de l'époque moderne.

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