Littérature traduite

  • Freud n'avait pas de goût pour la polémique, disait-il, et la jugeait vaine.
    La psychanalyse - la sienne, la seule qui ait droit à ce nom - finirait, grâce à la poursuite de l'oeuvre, par être reconnue pour ce qu'elle est. Voici cependant, en ce début de l'an 1914, qu'il y a péril en la demeure et urgence à le conjurer : des proches, et au premier chef Jung, le "prince héritier", s'affirment psychanalystes, alors qu'aux yeux de Freud ils ont cessé de l'être. II n'est plus permis de se taire, il faut engager le fer.
    Quoiqu'il s'en défende, c'est un texte vigoureusement polémique qu'écrit Freud, un texte qui, pour avoir été longtemps négligé, retrouve une singulière actualité en ce temps d'éclatement de la "communauté" psychanalytique.

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  • Depuis Hegel, la fin de l'art est régulièrement proclamée. Mais le mort est vif, assurément désordonné et imprévisible, étonnant ou banal.
    Ce qui, à l'évidence, a sombré, ce n'est pas l'art lui-même, mais, irrémédiablement semble-t-il, l'idée que l'on s'en faisait - celle d'un développement historiquement ordonné des styles et des formes. En ce sens, la fin de l'art, c'est d'abord la fin de l'histoire de l'art, plus exactement de l'art comme histoire.
    Aujourd'hui, à l'ère des arts plastiques, des performances et des installations, seule une conception ouverte et pluraliste permet d'embrasser et de restituer ce qu'est devenu l'art contemporain. Il nous faut revenir de l'histoire aux oeuvres. Renonçant à la nostalgie des grandes théories unitaires, nous ferons la preuve de la nécessaire sensibilité à la dimension plurielle, fragmentaire, voire contradictoire de l'art vivant. Alors notre expérience du présent éclairera d'une lumière nouvelle le passé.

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  • Voici un des textes les plus importants du taoïsme.
    Moins galvaudé que le Tao-tö king, il mêle récits magiques, entretiens philosophiques et conseils pour une vie adéquate à notre condition. II permet surtout de comprendre l'opposition radicale entre le taoïsme - refus de participer à l'agitation du monde et pratique du non-agir - et le confucianisme, activité diligente au sein du corps social. De Lie-tseu on sait peu de choses, sinon qu'il s'agit d'une personne et non d'un mythe.
    Il naquit vraisemblablement vers 450 avant notre ère, subsistait, croit-on, grâce aux dons de ses disciples, mais de sa mort, on ignore tout. Par la diversité de ses thèmes, ce recueil de textes édifiants, destinés à l'enseignement moral, illustre un taoïsme plus populaire, moins hostile à Confucius mais étonnamment chargé de récits de magie, mêlant la sorcellerie la plus naïve à la métaphysique la plus raffinée.
    Sa complexité comme son caractère combatif témoignent de l'effervescence intellectuelle dans la Chine d'il y a plus de deux mille cinq cents ans.

  • «Ces leçons ont pour objet l'histoire de la philosophie. Ce que représente cette histoire c'est la suite des nobles esprits, la galerie des héros de la raison pensante qui, par la vertu de cette raison, ont pénétré dans l'essence de Dieu, et nous ont acquis par leur effort le trésor suprême, celui de la connaissance rationnelle. Ce que nous sommes historiquement [...], c'est l'héritage et le résultat du labeur de toutes les générations antérieures du genre humain. [...] De même nous devons ce que nous sommes, en fait de science et, plus précisément, de philosophie, à la tradition qui passe comme une chaîne sacrée à travers tout ce qui est passager, donc passé et qui nous a conservé et transmis tout ce qu'a produit le temps passé. [...] Ce qu'est notre philosophie n'existe essentiellement qu'en cet enchaînement et en est nécessairement dérivé. L'histoire ne nous présente pas le devenir de choses étrangères, mais notre devenir, le devenir de notre science.» Hegel.

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  • La conscience est un champ de bataille où s'affrontent les idées, en un tumulte sur lequel continuent de planer les ombres du Théâtre Cartésien.
    Les certitudes en apparence les plus fortes, ancrées dans des notions qui tendent à préserver l'esprit de tout modèle qui nous en délivrerait, continuent de dispenser un brouillard que Daniel Dennett s'efforce allègrement de dissiper en s'attaquant aux contre-sens ou aux pseudo- évidences dont la plupart des débats sont inutilement encombrés. Abandonnant le rêveur à ses rêves et le magicien à sa magie, Daniel Dennett poursuit ici, avec brio, une entreprise de clarification qui tourne le dos aux convictions les plus tenaces, en faisant appel à un modèle qui ne s'en laisse pas conter, celui de la "célébrité cérébrale" : "Dans le cerveau, pas de Roi, pas de Contrôleur Officiel des programmes de la Télévision d'Etat", écrit-il.
    La démocratie, l'anarchie y sont autrement plus actives et efficaces. La conscience n'est pas un "médium de représentation"... Elle a "plus d'affinités avec la notoriété qu'avec la télévision".

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  • C.B. Macpherson est à l'origine d'une réinterprétation globale de la pensée politique anglaise classique, c'est-à-dire du libéralisme.
    De Hobbes à Locke, en passant par les Niveleurs, aile radicale de la Révolution anglaise, et par Harrington, il met en lumière la révolution que connaît la notion même d'individualisme ; il trace les liens que cette notion noue avec les bouleversements de l'économie de marché généralisée qui triomphe alors en Angleterre.
    Cette Théorie politique n'est pas seulement une puissante synthèse sur les hommes, penseurs et idées aux fondements de la démocratie libérale ; en analysant les contradictions apparentes ou réelles de ces théoriciens, en dégageant les «présupposés d'ordre social» qui sont les leurs plus ou moins implicitement, Macpherson entend mettre en perspective la démocratie libérale à sa source même.

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  • Pourquoi l'univers semble-t-il avoir été tout spécialement conçu pour que nous puissions exister ?
    Nul besoin de faire appel à une volonté divine ou a des explications surnaturelles pour comprendre l'émergence de la vie et de l'homme, répond Leonard Susskind. Ce physicien, mondialement connu comme l'un des inventeurs de la théorie des cordes, nous invite plutôt à imaginer l'existence d'un « paysage cosmique » où il n'y a pas un seul univers mais une multitude. Des millions de millions d'autres environnements, légèrement différents du nôtre, existent, dotés de leurs propres lois, particules et constantes physiques. Nous ne vivons que dans une bulle infinitésimale de cet étrange « mégavers » et celle-ci possède des qualités très particulières.
    On devine que cette hypothèse a suscité un débat d'importance et passionné dans le milieu scientifique. L'avenir dira si l'idée d'un paysage cosmique étonnamment divers est aussi importante que la révolution copernicienne qui a ôté la Terre du centre de l'univers...

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  • Cet ouvrage fut en 1969, dans sa première édition, un manifeste, avant de devenir, dans sa troisième édition refondue en 1996, un classique.
    Un manifeste, car à l'époque personne n'avait encore à ce point arpenté et présenté le domaine des sciences de l'artificiel - sciences fondamentales d'ingénierie : décision, organisation, information, communication, régulation... -, «nouvelles sciences» qui toutes apparurent à la fin des années quarante.
    Un classique car aujourd'hui le clivage, dénoncé par Simon, entre les sciences tenues pour «fondamentales» (concernées par les objets naturels, analysables en éléments simples), et les sciences tenues pour «appliquées» (concernées par les systèmes artificiels, concevables), s'est révélé inopérant.
    Les connaissances que déploie cet ouvrage dans les domaines les plus divers - en intelligence artificielle, dans l'étude des écosystèmes, la planification urbaine ou l'ingénierie des organisations complexes - en font un traité du bon usage de la raison dans les affaires humaines.

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  • Toute la question est de savoir par quels moyens l'homme peut ouvrir les portes qui lui donneront accès au royaume de l'esprit. Baudelaire avait suggéré, en son temps, la prière, le travail et l'inspiration poétique. Mais la première est devenue de plus en plus superficielle et la voix des Muses se fait de plus en plus rarement entendre. Seul demeure le travail. Aussi est-il normal que l'homme contemporain se tourne vers d'autres possibilités et qu'il cherche, dans le recours aux «paradis artificiels», le chemin d'une antique sagesse depuis longtemps oubliée. Avec cet essai, Ernst Jünger ne fait que poursuivre une longue tradition européenne qui va de De Quincey jusqu'à Aldous Huxley en passant par Hoffmann et Baudelaire et qui débouche sur l'une des interrogations fondamentales de l'époque moderne.

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  • L'oeuvre d'Ernst Jünger, qu'elle se présente sous la forme de romans, de Mémoires ou de développements philosophiques, constitue une seule et grande méditation sur le destin de l'homme dans le monde moderne.
    Témoin des prodigieux changements survenus dans le monde matériel et moral selon un processus toujours accéléré que nous appelons encore l'Histoire, Jünger, dans Le mur du Temps, formule la question capitale à laquelle l'homme moderne doit répondre, s'il est appelé à survivre : cette notion de l'Histoire sur laquelle nous vivons depuis Hérodote est-elle encore valable ? Les manifestations d'énergie créatrice ou destructrice qui se font jour par et à travers l'humanité ne sont plus à l'échelle de valeurs anciennes telles qu'héroïsme, sainteté, mesure, salut personnel...
    Le génie de la Terre utilise-t-il l'homme comme son meilleur outil, ou bien est-ce l'homme, nouveau Titan, ouvrier planétaire dont Jünger voit depuis longtemps se préfigurer le type, qui courbe à son service l'énergie terrestre, faisant de matière esprit, et d'esprit, matière ? L'avènement de l'homme, ou sa disparition au profit de " l'Insecte Futur ", tel est l'enjeu.

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  • Mon destin et mes choix m'ont tenu à l'écart des rassemblements trop et trop longtemps chimiste pour me sentir véritablement homme de lettres, trop distrait par le paysage bariolé, tragique ou bizarre pour me sentir chimiste à part entière.
    Donc, j'ai voyagé en isolé, et j'ai suivi un chemin sinueux, musardant ici et là, et me formant une culture désordonnée, lacunaire, un peu pédante. en contrepartie, je me suis amusé à observer le monde sous un jour inaccoutumé : inversant en quelque sorte les instruments d'investigation, j'ai posé le regard du lettré sur les choses de la technique et sur la littérature celui du technicien.
    Les essais réunis dans ce volume (tous inédits en français) sont le butin de plus de dix années de ce vagabondage de dilettante et de curieux.
    Ce sont des " occupations de territoire ", des incursions dans les métiers des autres, des braconnages en chasse gardée, des brigandages au pays de la zoologie, de l'astronomie et de la linguistique, toutes sciences qui, faute de les avoir étudiées méthodiquement, exercent sur moi le charme prolongé des amours éternelles non payées de retour, et stimulent mes pulsions de voyeur et de furet.
    P. l.

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